
Bon allez, je me lance sur Drive Blind, bon évidemment je ne vais pas écrire cette chronique à l'aveugle et conduire sans copilote à mon bord. Et je choisis, attention, break de batterie, Ritchie.
Sur ses bons conseils, je vais vous parler de ce groupe de Nîmes qui jouait dans les années 90 aux côtés de Seven Hate, Les Thugs et oui encore eux, mais également Sloy, Les Skippies. Toute la scène des nineteens. Ça me fait penser que Drive Blind est mis au goût du jour par la deuxième réédition de l'album fabuleux Be a Vegetable via Head Records.
Ce disque est leur deuxième album, sorti en 1997 chez A Donf.
Pas facile de parler d'eux, mais je peux vous dire que Super Easy, l'album de leurs débuts sorti par le label angevin Black et Noir, est excellent, tout comme les EPs et le reste de leur discographie.
Il en est question dans le livre de Patrick Foulhoux sur Black et Noir, de comment s'est bouclé le deal pour l'édition de l'album.
Tout à la confiance, à l'oral et presque sans contrat si je ne m'abuse.
Merci à eux d'avoir eu le nez fin pour les mettre sur les rails.
Un de mes morceaux favoris sur Be a Vegetable est One Reason to Smile, oui on a toujours besoin d'avoir des raisons de sourire, encore et encore, comme le chante Remy Saboul, le lead guitare-chant. Tout ça pour dire que Drive Blind était un des groupes majeurs de l'époque qui a su évoluer au fur et à mesure des années. L'arrivée de Karine Auzier à la basse, en remplacement de leur précédent bassiste, a apporté un peu de douceur, je dis bien un peu. Faut pas déconner non plus, Drive Blind, ce n'est pas un groupe de balloche du dimanche après-midi, on ne les écoute pas avec un thé et des gâteaux. Mais surtout avec une bonne bière de qualité, le poing levé et la rage au ventre.
Je n'ai pas eu la chance de les voir en concert, j'ai malheureusement raté leur date au Chabada sur Angers, mais on m'a rapporté de bons retours du concert. Pier de Sexypop, notamment, m'en a parlé il y a longtemps et il était dithyrambique sur ce concert, et je ne peux que le croire évidemment.
Sur leur Wikipédia, Drive Blind est souvent rapproché de la scène grunge, oui et non, je trouve que leur son est assez massif sur certains morceaux et surtout bien posé sur d'autres. Ça permet de mieux respirer et d'appréhender les disques tranquillement. Sans se faire surprendre dans l'avancée des morceaux, notamment avec 14th January, 13 min 44 s au compteur. Pour un premier morceau, ça pose un groupe. Et comme il le disent si bien, on s'appele Drive Blind et on fait du heavy métol !
Fear prend la suite de 14th January, qui est composé d'intermèdes bien cool, l'utilisation de voix en fond sonore avec les guitares qui rugissent, non pas pour vous faire peur, ah ah, j'y arrive à Fear. Ce morceau démarre tranquillement avec un reureu de guitares et la basse de Karine qui chante un je-ne-sais-quoi qui fait sensation dans mes oreilles. Je trouve ce morceau chantant, dansant, entraînant, ce que vous voulez, mais pas chiant du tout.
Le morceau Placebo, pas le groupe, hein, est comme un médoc, il passe tout seul et vous revigore par sa puissance, je vous le conseille pour les maux de tête. Drive Blind, c'est à consommer sans modération, avec le plaisir qu'il me procure quand je les écoute, je ne vais pas me gêner, croyez-moi.
Ce que j'aime vraiment chez eux dans leurs morceaux, même si je me répète, c'est leur rythme, leurs mélodies, une batterie qui cogne sans trop en mettre partout, une maîtrise de leurs instruments et des relances qui vous envoient sur la Lune. Et au milieu de tout ce bordel, ils savent ralentir le tempo, Soul Beauty en est le parfait exemple.
J'ai fait le tour de Be a Vegetable dans les grandes lignes, mais je m'attaque à Super Easy, qui lui aussi a été réédité chez Head Records, toujours dans les bons plans Abel. Je le connais moins, ce disque, le son est vraiment différent de celui du deuxième album. Un peu plus froid, je trouve, à mon goût, mais tout aussi bon. Question de production sûrement et d'oreilles de chacun.
Pourtant, il a été enregistré au Black Box, dans la campagne angevine, par le grand et talentueux Iain Burgess (RIP) et assisté par Peter Deimel. J'en profite pour vous rappeler qu'on a sorti l'interview de Peter et Sylvie du Black Box Studio sur notre site internet. C'est toujours bien d'avoir le retour des ingés son qui ont façonné la plupart des disques que l'on a à la maison avec les gars de Ça dégouline.
J'accroche moins sur Super Easy, mais bon, passons à Tropical Motion Fever, toujours enregistré au même studio en 1994 et remasterisé en 2022 par Peter Deimel. 6 titres à la base et 8 avec les bonus de la réédition, je vous ai dit que Head Records avait ressorti la discographie de Drive Blind ? Je perds la tête parfois…
Je ne vais pas faire des tests cliniques pour autant, mais je vais sûrement regarder la télévision et sourire comme Elvis. Smile Like Elvis, justement, le deuxième titre de Tropical Motion Fever, me donne envie de bouger dans mon rocking-chair. En essayant de ne pas tomber et de mettre mes doigts dans la prise de terre.
Le morceau Come Down est révélateur : Remy chante « I Don't Care, I Don't Mind », rien à foutre, je n'y pense pas, moi aussi parfois j'ai envie de ne pas penser à ce qui peut nous arriver dans la vie, à tout un chacun. Et même si on veut être Jésus-Christ, comme la chanson Come Down le dit, bah on peut, nevermind après tout. Et surtout, aucun compte à rendre, je pense que Drive Blind l'a bien compris sur Tropical Motion Fever.
Bon, je vais arrêter de penser et passer à l'action avec Stop Thinking Start Fighting, sorti en 1994 chez Pandemonium Records, label marseillais qui a eu dans son catalogue une palanquée de bons groupes comme Samiam, Unsane, Burning Heads, Kepone et surtout Bastard ! Les morceaux Nerve Impulse et Sugarbabeluv sont à écouter en priorité, ça tombe bien, ils sont classés en 1 et 2 sur le disque.
Et pour finir, je vais éviter de conduire aveuglément, d'attraper une fièvre tropicale, mieux penser et agir au quotidien et ce n'est pas toujours facile d'être un charlatan au quotidien, mais encore moins d'être un légume.
