
Sonic Youth, je ne sais même pas comment aborder ce groupe tellement j'ai un amour inconditionnel pour leur musique et le bienfait qu'elle me procure quand j'écoute un de leurs morceaux.
Ils sont de New York et ont débuté dans les années 80 avec un style unique qui leur ressemble.
Un mélange de pop lo-fi, noise et no wave si caractéristique de l'époque.
Rien que l'accordage des guitares me semble fou, vu la qualité et la quantité de morceaux qu'ils ont pu composer au cours de leur carrière.
Triste est un faible mot quand j'ai appris leur séparation.
Avec 19 albums de 1982 à 2022, et sans compter les lives officiels et les bootlegs non officiels, leur discographie est impressionnante au vu de leur parcours pendant toutes ces années.
Les incontournables Goo, Dirty, Sister, Washing Machine font partie des albums à écouter pour comprendre le jeu si spécifique de Sonic Youth.
Ce n'est pas un hasard si Kurt Cobain et Nirvana aimaient le groupe. Merci à eux d'avoir conseillé à Nirvana de signer chez Geffen pour la sortie de Nevermind.
Pour compléter ce que j'écris, la cassette VHS que j'ai encore du documentaire 1991 : The Year Punk Broke résume bien l'ambiance des concerts et les liens affectifs entre les membres de Nirvana et Sonic Youth.
Thurston Moore, Kim Gordon, Steve Shelley et Lee Ranaldo ont fondé Sonic Youth dans les années 80 et ont été actifs aussi bien dans la musique que dans les arts plastiques et toutes les formes d'art en général.
Cette chronique ne va pas faire la part belle à un album ou une chanson en particulier, mais à l'ensemble de leur œuvre.
J'ai vu Sonic Youth un nombre de fois incalculable en France, à Nantes notamment, dans l'ancienne salle de concert l'Olympic.
J'ai un vague souvenir de ce concert, mais pour sûr, je suis ressorti de leur prestation en sueur et mes jeunes oreilles s'en souviendront longtemps.
Un autre moment cool fut l'Expo Sonic Youth à Saint-Nazaire, très belle expo qui retraçait leur carrière avec des archives, des affiches de concert et surtout un sol jonché de vieux vinyles usés. Tout le charme et la folie du groupe étaient représentés de cette façon.
Bon allez, quelques morceaux en vrac, histoire de vous donner envie de les écouter :
Bull in the Heather
Teenage Riot
Dirty Boots
Little Trouble Girl
I Love You Mary Jane feat. Cypress Hill
The Diamond Sea
Ces trois derniers morceaux, et surtout The Diamond Sea, sont magnifiques dans le sens où il s'étire sur une longue plage musicale qui démarre posément avec la voix de Thurston Moore, et finit par une bouillie sonore propre à leur jeu.
I Love You Mary Jane est aussi incroyable, car Sonic Youth n'a vraiment pas peur du mélange des genres et sait reconnaître de la beauté où il y en a, notamment dans le hip-hop et le rap.
Sans parler de la douceur de la voix de Kim Gordon, complétée par le chant de Kim Deal des Breeders sur le morceau Little Trouble Girls.
Pour résumer un de leurs concerts, attendez-vous à de la noise, mais pas à la Unsane, plutôt à des mélodies pop aux accents accrocheurs sur les morceaux joués live. Les larsens sont courants chez eux. Et évidemment, bienvenue pour comprendre le jeu de scène et l'image donnée durant leur set.
Quelques albums m'ont un peu dérouté, ceux de leur fin de carrière notamment.
Les membres de Sonic Youth ont sorti tour à tour leurs albums solos. Psychic Hearts pour Thurston Moore, du pur Sonic Youth dans l'âme, avec une particularité propre au leader du groupe.
Lee Ranaldo a également sorti de très bons disques et Steve Shelley a participé à de nombreux enregistrements. L'album de Cat Power, Moon Pix, en est le plus bel exemple.
Écoutez-moi le morceau Back of Your Head, si vous ne versez pas une larme, je ne vous croirai pas, tant il est beau et empreint de poésie.
Enfin, Kim Gordon a également sorti Play Me en 2026 et, comme je le disais plus haut, participé à mettre en avant les arts par différentes expositions à travers le monde.
Elle a également joué avec le groupe Free Kitten aux côtés de Julie Cafritz et Yoshimi P-We. L'album Sentimental Education est qualifié de riot grrrl, j'y vois surtout un mélange des genres avec de la trompette mélangée à de la guitare électrique passée au mixeur. Et c'est glorifiant, ce que je vous écris là.
Mon humour douteux est passé par là...
J'ai failli oublier Mark Ibold de Pavement, qui a rejoint le groupe de 2006 à 2011 en tant que membre officieux à la deuxième basse.
Pavement, encore un groupe que j'adore pour son jeu décousu et atypique pour le commun des mortels.
Je pourrais vous parler de Sonic Youth pendant des siècles, mais je vais m'arrêter là et j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce groupe.
Et comme dirait un ami proche, on picole, on picole, mais on ne voit pas le fond du bol.
Sonic Youth, c'est pareil !