
Ce disons super groupe, si on peut l'appeler ainsi, est la réunion de plusieurs musiciens angevins. Étienne et Nono de Daria, notamment. Je ne sais pas si leur nom a un rapport avec Rage Against The Machine et le bonz qui s'immole sur la pochette du premier album des Rage. Mais je ressens beaucoup d'émotions et de colère à l'écoute de l'EP "Screenplay for a Dead City". Une colère saine et juste. Trois guitares, une basse et une batterie : cette réunion d'instruments et le chant de Guib sont prêts à vous décoller la rétine. Non mais ce son de malades, à décoiffer un chauve !
Le chant de Guib est habité, avec une touche de spoken word, notamment sur le morceau « Pong's Radio ». Ça envoie sec, Hatebonz, et il faut bien écouter les morceaux, surtout à un volume important. Le casque est un bon support, je trouve. J'ai toujours bien aimé écouter la musique au casque, pour bien ressentir ce qui se passe dans mes oreilles.
Ça permet de bien identifier chaque instrument et surtout de faire le tri dans les couches de guitares, parfois. Chez Hatebonz, ce que j'aime particulièrement, c'est le mix de l'EP. Si on prête bien attention aux morceaux, comme sur « Realn », les solis de guitares sont bien présents, avec les relances de Nono à la batterie, et un mur de son qui reprend de plus belle. Hatebonz est un cheval au galop, un peu incontrôlable. Les morceaux sont pourtant parfaitement maîtrisés.
Le format de chaque morceau est très bien calculé : ni trop long, ni trop court, avec une moyenne de 3 min 30 par morceau. Juste ce qu'il faut pour l'auditeur et ce qui permet de bien se faire une idée globale.
Autre chose importante chez Hatebonz : les visuels de chaque disque sont soignés. Je pense que l'artwork est important pour chaque sortie de disque. Qui veut acheter un disque d'un groupe avec une pochette moche ? C'est arrivé maintes fois dans l'histoire de la musique. New Noise a une rubrique à ce sujet, et on peut se tromper sur la marchandise lors de l'achat d'un disque. Pochette moche ne veut pas dire album nul. C'est le contraire chez Hatebonz : de belles pochettes pour de bons albums, et surtout du fait main, à base de ciseaux et de photocopieuse.
Une recette facile à tenir et à retenir pour les autres groupes.
Mais bon, chacun fait comme il veut et je ne prétendrais jamais avoir la science infuse à ce sujet. Il m'arrive de faire des choix visuels, disons, hors du commun. Bref, passons ! Hatebonz, c'est cinq albums depuis 1998. Je regroupe les EP dans le même lot, sinon c'est trop chiant à calculer.
Le dernier en date s'appelle, attention, prenez une grande inspiration pour dire le nom du disque :
Amidst the Closed Water where Worms in Nations worship The Sleeping Beast and Gods of Deceit
Quatre titres au compteur, quatre titres bien bourrins, mais superbement joués, sortis en 2012 en autoprod. Et si vous souhaitez l'écouter, il est en libre téléchargement sur Bandcamp. Et je pense que, pour les Angevins, des versions physiques sont encore disponibles. J'ai moi-même un exemplaire de "Screenplay for a Dead City". Ce disque est sorti en digipack sérigraphié avec amour du rock'n'roll, en version carton. Et je vous assure que la musique d'Hatebonz n'est pas en carton…
Le Bonz a la particularité de dire : « Pourvu que ça bourre… » OUI, un grand oui, ça bourre même très bien, et pour le plus grand plaisir de mes oreilles.
Hatebonz n'est pas là pour faire dans la dentelle, le Dalek de Docteur Who n'a qu'a bien se tenir.
