Kylesa : sept vies et sept résurrections
Kylesa, ce groupe américain débarqué tout droit de Savannah, en Géorgie, joue du sludge pas piqué des hannetons. J’ai rarement entendu un jeu de batterie aussi intense, à part chez les Melvins lors de leur concert avec Big Business au Confort Moderne de Poitiers.
Imaginez bien deux batteurs qui jouent carré et au millimètre dans les compositions, avec le chant par-dessus tout ça. Un bel équilibre ! Kylesa, c’est du même tonneau. Ajoutez-y des guitares rutilantes et mélodieuses, plus le chant de Laura Pleasants, et bim ! Le groupe vous embarque directement dans une spirale de l’ombre.
Ça tombe bien, Spiral Shadow est sorti en 2010 sur le label Season of Mist. Les morceaux « Tired Climb », « Crowded Road » et l’entêtant « Don't Look Back » sont parmi mes favoris du disque.
J’aurais dû aller les voir à Nantes, à Stereolux, mais malheureusement, je n’ai pas pu m’y rendre. Les lords et ladies des Lords of the Valley présents au concert m’ont dit que le concert était intense et énorme.
J’ai encore plus les boules de les avoir ratés ! J’espère qu’une autre date sera annoncée prochainement, tant ils se font rares en France.
Cela s’explique notamment par la mise en pause de Kylesa pour une durée indéterminée. Mais après avoir raccroché les instruments, le retour du groupe est annoncé en 2024 au Roadburn.
La première fois que mes oreilles ont découvert Kylesa, c’était avec l’album Static Tensions, en 2009. Une claque sonore comme je n’en avais jamais pris auparavant !
« Scapegoat » ouvre l’album et, toutes guitares devant, c’est parti pour me mettre une rouste dans la tronche. Ce morceau est tout simplement magique, à croire qu’ils l’ont fait exprès. Les breaks de batterie au milieu du morceau et la relance des grattes, qui arrive comme ça, l’air de rien, avec le chant de Philip Cope, ont fini de m’achever.
Un rouleau compresseur me serait passé dessus que je n’aurais pas vu la différence. Leur style, entre sludge et stoner rock, n’est pas à mettre entre toutes les oreilles.
La bête s’apprivoise et, une fois domptée, on ne peut qu’apprécier de se balader avec Kylesa en fond sonore sur les routes infernales de l’enfer.
On est loin des clichés ricains de Red Fang, en mode buveurs de bière et fumeurs de joints. Même si j’adore Red Fang, surtout leur humour potache dans leurs clips ! Mais bon, je ne vais pas comparer Kylesa et Red Fang : ils ne font pas tout à fait la même musique.
Pourtant, il y a des ponts communs qui les relient. Un look décontracté et assumé : pourquoi s’emmerder à mettre un costume sur scène quand on peut jouer en jean, T-shirt et baskets ?
Je trouve ça mille fois plus classe qu’un vieux costard Wish !
Depuis 2001, sept albums sont sortis, et sept albums de grande volée ! Ils sont comme les chats : sept vies et sept résurrections. Et je leur souhaite une longue vie !
