
L’ultime interview des Thugs du 29 juin 2008
Radio G !
Emission ça dégouline dans le cornet !
Fred et Philippe :
Bonsoir à tous, bonsoir à toutes. Bonsoir. Bonsoir, vous êtes bien entendu dans ça dégouline dans le cornet, il est 18h05, 6 même presque. Ouais. Et en attendant que nos invités s'installent, on va démarrer la musique. Et on revient après 15 jours d'absence. Et oui aussi, non même plus, 3 semaines, parce qu'on a raté 2 émissions, donc ça fait 3 semaines, donc je suppose qu'on vous a manqué fortement, mais bon voilà, on va essayer de se tenir un peu plus là, et cet été on sera présent, on va essayer d'être présent tous les week-ends, on va essayer, ce n’est pas simple, c'est vrai qu'il y a les congés personnels de chacun qui vont faire que, effectivement, ça va être un petit peu plus difficile, mais on essaiera de s'y tenir. Mais on a une grosse surprise quand même !
De quoi pour ce soir ? Ah oui, c'est vrai qu'on n'avait pas eu le temps de l'annoncer, mais bon, pour certains qui l'ont su par mail ou qui ont visité notre page Myspace ou qui l'ont su aussi par la page de la radio, nous avons les Thugs ce soir et avant de démarrer une conversation avec eux, on va lancer la musique et puis ensuite on attaquera, et bien entendu, l’ultime ! interview des thugs pour Radio G peut-être.
On démarre avec Mudhoney. Mudhoney extrait de Superfuzz Big Muff et le morceau Need. C'est l'extrait de la réédition sur Sub Pop en édition Deluxe avec un autre concert en fait.
Philippe :
Donc bonsoir les thugs.
Éric et Pierre-Yves :
Bonsoir.
Phillipe :
Alors, ils ne seront que deux ce soir. On n'aura que Pierre-Yves et Éric. Mais bon, on va s'en contenter. On est content de vous recevoir. C'est le meilleur.
Oui, donc vous revenez en fait d'un concert que vous avez fait hier soir.
C'était en Bretagne. Parlez-nous un petit peu d’où est-ce que vous étiez hier soir ?
Éric :
Hier soir, on était un peu perdus. On était à Trémargat, c'est au-dessus de Pontivy, en Bretagne. C'est, j'allais dire, la ville. C'est le hameau, le petit village où habite Christophe le batteur. Et il voulait absolument, quand on a parlé de refaire des concerts, qu'on joue dans son village. Donc nous, on trouvait ça très drôle et on l'a fait. On a mangé des galettes. C'est super cool. On a presque doublé la population du village d'ailleurs.
Philippe :
Sans vous blesser, devant moi, j'ai affaire à des vivants ou des morts vivants ? la question non parce qu’en 99 vous aviez décidé de raccrocher les guitares et là il y a une résurrection enfin bon vous ne sortez pas de la tombe mais voilà vous revenez sur scène comme d'autres l'ont fait et vous c'est pour une bonne occasion alors expliquez-nous pourquoi vous êtes revenu nous voir sur scène et faire en sorte que le public vous revoit sur scène.
Éric :
Alors non c'est pas une si longue histoire que ça en fait c'était il y a un an et demi à peu près on a reçu un mail de Jonathan le boss de chez Sub Pop notre label américain donc aux Etats-Unis et qui déjà par quelques mails nous avait dit ça serait bien que alors quand est-ce que vous vous reformez etc. puis là il nous disait dans son mail bon bah maintenant il faut vous reformer parce qu'on fête les 20 ans du label en 2008 et on normalise un gros festival pour l'occasion et voilà il y a des groupes qui vont se reformer, il va y avoir plein de groupes qui vont jouer etc. Il faut que vous veniez. D'accord. Voilà donc quand on reçoit une proposition comme ça alors qu'on déclarait encore quelques semaines avant que de toute façon il était hors de question qu'on rejoue, voilà c'était fini, c'était fini. Tout d'un coup ça provoque une espèce de truc en se disant bah pourquoi pas ? Et puis l'idée fait son chemin puis on se dit mais... Ouais, allons-y. Voilà, au moins, on va recommencer à répéter, voir ce que ça donne. Et puis, si ça roule, faisons-le. C'est une proposition qui pratiquement ne se refuse pas. Il y en a certains qui étaient plus ou moins chauds. Donc, on a beaucoup discuté, comme on faisait avant, d'ailleurs. Et puis, on a fini par prendre la décision. C'était au mois de septembre, l'année dernière. Et on s'est dit, bon, voilà, on y va, on fonce. Bon. On va faire ce concert à Seattle, mais en même temps, hors de question de ne faire qu'un concert à Seattle. D'abord parce que faire tout le boulot, de recommencer à retourner dans le local de répétition, refaire tout le répertoire, etc. Juste pour un concert, c'était un petit peu triste. Deuxièmement, on imaginait un tout petit peu de rencontrer du public français qui nous dirait « Vous êtes vraiment des enfoirés. Vous allez faire un concert à Seattle. Nous, on vous demande de vous revoir, etc. » Et puis nous, ça nous amusait bien de retourner, de refaire 5-6 concerts en France et puis de retrouver des gens à droite et à gauche qui nous avaient fait jouer, avec qui on avait joué, etc., du public. Ça fait toujours plaisir de revoir les amis. Donc on s'est décidé à faire ça, le festival, plus quelques concerts en France.
Philippe :
Ok. Alors en France, il y a quelques dates qui ont été choisies. C'est stratégique, peut-être ? Sur le choix ? Parce que tout à l'heure, on disait que vous avez eu plusieurs demandes pour mettre en scène.
Éric :
Oui, on aurait certainement pu faire plus de dates que ça. On n'a pas eu des tonnes de demandes, mais on aurait sans doute pu en faire plus que ça. Le choix, c'était surtout de se retrouver dans des villes où on avait des souvenirs, des amis, des gens qui organisaient des concerts, avec qui on avait fait un bout de chemin. C'est beau, ça ? ensemble et avec qui on avait envie de repartager quelque chose, de revoir du monde. Voilà Bordeaux, parce que Bordeaux, combien de fois on a joué à Bordeaux ? Je ne sais pas, peut-être 20 fois. Peut-être 20 fois et que voilà on connaît beaucoup de gens à Bordeaux et puis c'était Francis qui est un acteur célèbre de la scène rock à Bordeaux qui nous a tout le temps pratiquement fait jouer là-bas je crois. Et puis voilà donc c'était naturel que ça soit lui. À Paris c'est tombé un peu parce qu'il y avait le festival Maroq n’roll qui est organisé presque par toi Éric et puis Lyon c'est avec Maï, c'est des gens qu'on connait depuis longtemps on a envie de faire le festival Maroqu n’roll, c'est ma copine c'est surtout des choix de cœur en fait
Philippe :
D'accord.
Donc, vous avez décidé de vous reprendre en main et vous rentrez de nouveau en studio de répétition. Ça a été un peu difficile dans les débuts de retrouver les notes ou ça s'est revenu naturellement ? C'était inné dans votre sang ? C'est ça qu'on véhicule ?
Éric :
Alors bon, ça dépend un petit peu, vu que c'est quand même moi qui en fais le plus dans ce groupe, entre la voix, la guitare rythmique et les chorus, c'est vrai, ils sont d'accord avec moi, et que je n'ai pas une mémoire exceptionnelle, moi il a fallu vraiment que je bosse quand même pas mal pour me rappeler un peu de tout ça. C'est Éric qui parle, je le cite pour les auditeurs. Par contre, il y a un truc très clair, c'est qu'à partir du moment où j'étais capable de me souvenir des morceaux, quand on s'est retrouvé en répète, on a branché les amplis, on a commencé à faire le morceau le plus facile à faire pour nous, et puis en fait, ça l'a fait tout de suite. D'un coup, on s'est retrouvé avec le même son, les mêmes automatismes, etc. Et puis, ça envoyait pareil. On s'est dit, tiens, comme si on avait arrêté 15 jours avant.
Philippe :
C'était le même matériel ?
Éric :
Ouais, un peu de tout ça.
Philippe :
Vous n'avez rien vendu, quoi, de ce que vous aviez.
Éric :
On n'avait pas touché du tout les réglages depuis 8 ans sur les concerts. Il a sorti sa tête d'ampli, il y avait un peu de poussière, tout ça, je pense. Il n'avait pas dû lui toucher le dernier concert, je pense. Donc oui, en effet, c'était le même son. Il a même sorti sa guitare de l'étui en disant, regardez les cordes qu'il y a dessus. Je n'ai pas retouché les cordes. Il a fait un concert en 99. Mais il l’est à changer. Donc c'était à peu près le même son. Enfin, voilà, c'était... Mais c'est aussi parce que enfin je pense que le son il se fait aussi avec les doigts quoi et donc voilà on aurait pu jouer sur d'autres amplis je pense que quelque part bon évidemment il y a des nuances j'exagère un peu mais autrement voilà puis c'est le son du groupe aussi la façon dont on joue etc. la façon dont on a composé les morceaux et puis bah c'est vrai que ça c'est revenu c'est revenu direct quoi d'accord et puis euh Donc ça, les répétitions, puis après on s'est retrouvé pour la première fois sur scène pour faire un filage, et puis ça le faisait, et puis après il y a eu le premier concert, et c'était pareil.
Fred :
Il y a une petite vidéo dispo sur le net, sur votre site, que vous est avez filmé, lesthugs.fr en fait.
Éric :
Oui aussi sur YouTube notamment. Et en plus on est parti avec la même équipe donc on était avec Tesh qui est en façade donc ça n'a pas bougé non plus, Trambert au retour enfin bon voilà.
Fred :
Tous contents de repartir dans le van ?
Éric :
C'est que du bonheur, surtout de la façon dont ça s'est passé tous les concerts. C'est vrai que la première répétition il y a eu un peu Il y a eu 10 minutes, un quart d'heure où tu t'installes et puis... Enfin moi c'est ce que j'ai ressenti, il y a une espèce de truc, tu as un moment de flottement, enfin voilà, on y va.
Philippe :
Quel a été le premier morceau joué à la répète ?
Éric :
Non, je ne sais pas, il fallait faire un jeu. Tu aurais dû envoyer tes questions il y a trois mois, on aurait fait l'œuvre. Non, je ne sais pas, c'est un truc comme I Love You So par exemple.
Oui, sans doute ça, enfin... Un des plus faciles. Voilà, un de ceux qu'on a le plus de facilité à jouer et puis... Mais après, c'est que du bonheur. Vu après comment se sont passés les concerts, moi, j'étais sur un nuage. C'est dur de rentrer après, de revenir.
Philippe :
Vous avez voulu éviter le bug de l'an 2000. Je l'ai lu sur votre site.
Éric :
Oui. Non, c'était nous, le bug de l'an 2000.
Philippe :
Finalement, vous êtes de nouveau là. Le constat, c'est quoi ? Il n'y a pas eu de bug ? Et puis de votre côté, finalement...
Éric :
Le bug, c'est qu'on n'a pas été là pendant 9 ans. À part ça, à notre niveau, et puis visiblement, on ne les voit pas, les concerts des Thugs. Mais les gens qui voient les concerts en ce moment, ils ont l'air super contents. Donc, c'est que, quelque part, on avait été absents pendant un moment, mais on a quand même gardé une certaine fraîcheur. On a beaucoup entendu parler de fraîcheur dans les appréciations des gens.
Philippe :
D'accord. Et dans le public, vous retrouvez bien sûr vos amis, pour la plupart, des gens qui sont à peu près de notre âge. Est-ce qu'il y a du jeune public qui vient aussi voir les Thugs parce qu'ils en ont entendu parler, ils n'avaient jamais vu ? Est-ce que vous avez des retours de ces gens-là ?
Pierre-Yves :
Moi, de ce que j'ai vu, en gros, c'est quand même assez ancien. Enfin, je ne vais pas dire ancien. Tu vois, c'est plutôt de notre génération quand même, dans l'ensemble. Mais j'ai été aussi... J'ai été assez surpris de voir... Hier, par exemple, il y avait pas mal de jeunes. Et le concert de Bordeaux, j'étais au stand où il y avait les t-shirts, tout ça. J'ai vu une famille qui est arrivée avec le père et la mère qui ont acheté des t-shirts. C'est cool. Et qui en ont acheté un pour le fils aussi. Donc, voilà.
Éric :
Mais ouais je pense qu'il y a deux générations je pense. Et à Bordeaux il y avait toute une bande comme ça de gamins et dont un qui m'a dit ouais j'ai téléchargé tous vos morceaux là sur internet sur un mec qui les mettait à disposition et tout ça. Je dis ouais super. Voilà et il avait découvert l’Europe, il connaissait pas du tout, c'est un gamin qui avait je ne sais pas... Il avait 20 ans, 21 ans quoi. Et je dis gamin mais 20 ans. Et voilà. Et puis il a vu le groupe pour la première fois sur scène.
Philippe :
Il y a pas mal de gens aussi qui étaient peut-être passés un petit peu à côté.
Pierre-Yves :
Oui. Qui nous avait peut-être vu une fois ou pas du tout parce que ce n’était pas leur trip et qui voilà qui sont venus nous voir parce que parce qu’il y a des potes qui les amenaient parce que ceci cela et puis qui sont super contents de nous voir c'est assez c'est un peu tout quoi bon c'est surtout du c'est surtout du vieux fan quand même c'est clair dans le public qu'on mérite.
Philippe :
Mais euh on repart en musique il faut nous couper l'interview en même temps je me rappelle de la dernière fois que t'es venu pour Road Closed avec Marsu on a tenu deux heures je ne sais pas si tu te rappelles on a tenu deux heures sur des sujets divers, bref.
On y va avec This world is looking great d'extrait de Tout doit Disparaître.
[Pause musical]
Philippe :
C'est vrai que les Thugs ont su mettre toute l'énergie avec leur guitare sur certains morceaux et d'autres fois où il y a un peu plus de poésie dans les textes et dans la rythmique. Sentez-vous que vous avez laissé une trace énorme à la scène française ? Est-ce que vous le ressentez ça ? Peut-être que ma question est mal formulée.
Éric :
On nous a pas mal posé la question par rapport à l'influence qu'on a pu avoir sur la scène rock française ou Angevine, etc. L'héritage qu'on a pu laisser, les groupes qui se revendiquent de cet héritage, etc. Moi, ce n’est pas à moi de répondre à ça. Je n'en sais rien. Et puis, deuxièmement, je ne pense pas. Je pense que on a été quand même un groupe... à part dans la façon dont on a composé les morceaux comment est-ce qu'on a monté un mur de guitare avec des mélodies dessus et que voilà et que souvent les gens nous disent mais un morceau de Thugs on le reconnait tout de suite c'est clair ça dure 3 secondes et on a compris et voilà donc on a ce caractère un peu peut-être original alors là sans connotation de valeur mais on a ce côté original qui fait que on est peut-être incopiable parce que d'abord nous on savait pas jouer à la base.
Philippe :
C'est ce que j'allais dire moi je n’ai jamais trouvé un groupe qui savait jouer du Thugs dans le sens où tout son répertoire était à l'identique du Thugs.
Éric :
Ouais non je ne suis pas d'accord je ne sais pas trop bien. Alors vas-y cite moins en un
Éric :
S’il y a Dead pop club qui viennent de faire une reprise des Thugs.
Philippe :
Ah les Dead pop club oui mais bon bah voilà c'est qu'un morceau ils l'ont fait super bien et il y a d'autres gens qui ont pris beaucoup de temps mais ils n’en sont pas dans un répertoire ça veut dire quoi ils n’en vivent pas Moi je trouve que plusieurs fois il y a des gens qui ont dit « tiens tel groupe, tel morceau, alors putain c'est copié sur les Thugs » moi à chaque fois que j'écoutais je me disais « je ne trouve pas ». Et voilà, donc musicalement, non je ne pense pas. Honnêtement je ne pense pas qu'on ait influencé qui que ce soit, etc. Pas forcément moi j'ai dit beaucoup normalement des interviews de groupe dans des magazines ils ne citent jamais les Thugs tous les groupes qui sont maintenant je ne sais pas si on a été une influence pour tous ces groupes là je pense que tu vois, tu entends des trucs, des fois, des gens qui ont aimé ça, je pensais à Mickey, de Mickey 3D, tu vois, et lui, il ne cite jamais ça comme référence. Voilà, en mise en avant, quoi. Il aimait bien ça, mais voilà, on va le voir à Lyon, apparemment, mais voilà, il y a plein de gens comme ça, je pense. On n'est jamais cité dans les références des groupes. Par contre, il y a une chose qui est sûre, c'est que très souvent, les gens ont un énorme respect par rapport à ce qu'on a fait.
Je n’aime pas le mot carrière, c'est bateau, parce que c'est pas du tout ce qu'on voulait, mais admettons, parlons de carrière.
En tout cas, le chemin qu'on a parcouru, et la façon dont on l'a parcouru, et ce qui nous est arrivé, il y a beaucoup de gens qui ont un énorme respect par rapport à ça.
Et ça, par contre, c'est un truc... dont on entend souvent parler, soit au niveau des médias, soit au niveau des organisateurs, des groupes, etc.
On sent énormément ce respect par rapport à ça.
Philippe :
Et ça c'est inconscient, il est clair que ce n'est pas quelque chose que vous avez voulu, vous avez toujours été humble.
Éric :
Oui, sauf qu'on a provoqué un peu les différentes chances qu'on a eues dans le chemin qu'on a parcouru, c'est-à-dire que quand on rencontre les Sub-pop par exemple à Berlin en 88, puisqu'on en parlait par rapport au disque de Mudhoney, C'est un hasard, une chance énorme de les rencontrer, qu'ils aient envie de sortir le disque. Mais en même temps, s'ils ont eu envie de sortir le disque, c'est parce qu'ils ont vu un super concert. S'ils ont vu un super concert, c'est parce qu'on a été quelque part un peu responsables.
Philippe :
Est-ce que tu parles du super concert de Berlin ?
Éric :
Oui, c'est ça.
C'est pour ça que... Voilà, on l'a quand même provoqué tout ça. On a été le chercher et puis... Voilà, du parcours qu'on a eu avec les différents labels, les différents concerts qu'on a pu faire, tout ça, c'est qu'on le voulait. Après, il y a toujours une part de chance, on est bien d'accord.
Philippe :
Combien de labels au total,vous avez eu en signature ?
Éric :
On a un peu écrémé quand même.
Philippe :
En label principal ?
Éric :
On a eu Gouniaf pour le premier 45 tours, après on a eu Closer pour le premier album, enfin le premier mini-LP. Vinyl Solution. Après Vinyl Solution, alors là sur une très longue période. On a eu Sub Pop pour Strike.
Fred :
Il n'y a pas eu un petit coup d'Alternative Tentacle ?
Éric :
Alors oui, mais uniquement pour la sortie américaine d'IABF. Oui, c'est ça. Et voilà, mais en label principal, c'était Sub Pop. Donc on va acheter une licence de vinyle et voilà bon sauf le pot on le sauf finalement il y a Crash Discs qui maintenant après Crash Discs qui réédite qui fait les éditions et puis le best of Roadrunners ha Roadrunners oui tout à fait en licence
Éric :
Ah licence d'accord ah et puis il y a eu Frenetic Dancing aussi sur deux albums sur les deux derniers albums votre propre on dit Frenetic Dancing pour pas dire la belle ça en fait votre propre label sous-signé avec Labels.
Éric :
C’était en licence chez Labels
Philippe :
Oui donc les grandes rencontres que vous avez faites c'est avec les gens de Sub Pop il y a aussi Jello Biafra qui vous a accueilli à bras ouverts chez Alternative Tentacle vous lui avez rendu honneur avec Moon over Marin, Moon over Marin, une compilation qui avait été sortie avec plusieurs groupes Je me rappelle la prochaine, elle est Violette, Virus 100. Donc là aussi, c'était des rencontres intéressantes que vous avez faites et qui vous ont porté à l'honneur.
Éric :
Plus qu'intéressantes, c'est des rencontres impressionnantes. Tu rencontres ces gens-là. Moi, par exemple, je n'ai jamais été un énorme fan des Dead Kennedys. J'ai un album des Dead Kennedys, mais Jello ou Biafra, c'est autre chose que les Dead Kennedys. C'est pour tout ce qu'il fait, pour tout ce qu'il est.
Fred :
C'est vrai que c'est des rencontres impressionnantes. Il y en a eu d'autres, des rencontres impressionnantes. Qui c'est qu'on a rencontré ? Ce n’est pas vrai.
Pierre-Yves :
Attends, tu as fait la première partie de Nirvana !
Éric :
Quand même, c'est vrai ! Oui, évidemment.
Pierre-Yves :
On a croisé Kurt Cobain quand il montait dans le bus.
Ça, c'est impressionnant, comme anecdote. Rire
Éric :
Tu vois, j'étais plus impressionné de rencontrer Jello Biafra que de jouer avec Nirvana. Mais oui, c'est une partie de rencontre. Mais il y a aussi plein de gens qui sont inconnus, qu'on a rencontrés et qui sont des gens super aussi.
Philippe :
Oui. On va dire que vous avez énormément porté à Angers. Quelle serait la plus grande fierté qu'il y aurait depuis que vous avez démarré dans les années 80 ? Qu'est-ce que vous retirez de grandiose sur Angers ? L'asso Love Fuzz, oui. Il n'y a pas que ça. Il y a le label Black & Noir.
Éric :
Oui, et puis il y a tous les groupes qui ont pu y avoir pendant une longue période et qui continuent à y avoir d'ailleurs. Je pense qu'en fait, Angers est une ville pas mal rock. On a une scène qui est assez vivace depuis pas mal de temps.
Et voilà, avec des gens qui ont fait des trucs un peu barjots. Voilà, au niveau des groupes. Je ne sais pas, je me rappelle, je voyais le nom des Shaking Dolls tout à l'heure sur la compilation.
Et puis voilà, les associations, Love Fuzz par exemple. Et puis... Et puis, Radio Gribouille, avec des différentes émissions. Et puis, plein de trucs avec des gens qui utilisent des carcasses, qui essayent de faire vivre la scène locale, etc. Il y a plein de choses. On ne peut pas retenir vraiment un truc précisément. C'est comme ça que ça doit fonctionner. Je pense que... Dans une ville, il ne peut pas y avoir qu'un mec extraordinaire.
On se fait chier. Ça se fait avec tout le monde.
Philippe :
Vous êtes entouré de gens extraordinaires aussi. Doudou est quand même un grand personnage reconnu. Votre manager. C'est grâce à lui qu'il est là. Et c'est grâce à lui qu'on a découvert Nirvana en France. Qui ? Nirvana. Ah oui. Oui, ils ne connaissent pas. Ah, oui, oui. Oui, bien sûr. Il est à l'origine des Thugs enfin, ce n'est pas lui. Ce n'était pas le premier manager des Thugs
Éric :
Oui. Il a repris le management des Thugs
Pierre-Yves :
Oui, tu dis ça parce qu'il est arrivé pratiquement en même temps que toi.
Pierre Yves :
Oui, c'est là que ça. Ça fait déjà cinq ans. C'est là que ça.
Oui, c'est ce que je dis. Il n'était pas le premier. Et au bout de 5 ans donc, et puis c'est là quand lui il est arrivé et puis moi, c'est là que ça a commencé à pousser.
Nous on avait évité les bars et on a commencé les salles. Alors bien sûr, c'est pareil, mais c'est comme Tesh, c'est comme Trambert, c'est comme tous les gens qui ont été avec nous tout le temps, on a tous donné pour cette histoire-là et on l'a fait tous ensemble, il n'y en a pas un qui se détache plus par rapport à un autre.
Philippe :
Voilà. Alors parlons maintenant de l'avenir proche parce qu'il y a ce concert qui va bientôt arriver, déjà celui sur Angers le 4 juillet prochain. On a vendredi soir à Jean Villart, le droit de vous revoir. C'est une salle que vous avez choisie particulièrement parce qu'il y a eu votre transpiration déjà à plusieurs reprises ?
Éric :
Bien sûr. L'idée des dates qu'on faisait, c'est qu'on est passé à Bordeaux, par exemple, avec Francis, qui avait organisé 90% des concerts des thugs sur Bordeaux, il y avait quelques petits trucs comme ça, c'était des petits clins d'œil par rapport à ce qu'on avait fait. Et sur Angers, le truc, c'était que c'était Jean Villart les premiers concerts, pas tout à fait les premiers concerts des thugs, parce que... Le premier concert des Thugs c'était au Chameau, je ne sais pas si vous vous rappelez de ce... Non mais j'ai vu un bar sans alcool... Dans la petite rue en face des 400 Coups, on n'allait pas rejouer là, ça aurait été ridicule.
Philippe :
Ah si je vois, c'est tout un couloir et puis il y a une scène au fond, enfin il y avait une scène, je vois ce que c'est.
Éric :
Bon, mais par contre le premier gros concert qu'on a pu faire dans des grosses salles à Angers, c'était la MJC Jean Villard et on l'a fait, on a dû y jouer trois fois je crois. Hum hum. Donc je trouvais ça drôle de retourner là-bas et de... Voilà, et puis...
Philippe :
Moi, ce que j'ai trouvé drôle, c'est à une époque où vous jouiez effectivement à Jean Villard, c'est que vous faisiez les premières parties des Sheriffs et puis ensuite, c'est les Sheriffs qui ont fait votre première partie. C'est déjà arrivé, ça ?
Éric :
Sur Angers, je pense que...
Philippe :
Vous l'avez fait, ça, non ? Ou alors, je me gourre de date.
Éric :
Ou alors, peut-être que on faisait un coup, c'était eux qui commençaient un coup de nous.
Éric :
Ah oui, d'accord. Je ne sais même plus quel concert on a fait avec des Maniacs. Je crois que les histoires par exemple avec des shérifs, c'était quand on allait jouer dans le sud, ils étaient vraiment énormes dans le sud. Et donc on voyait mieux qu'on joue avant. Et en remontant dans le nord, on était un petit peu plus gros qu'eux, donc on jouait après.
Philippe :
D'accord.
C'était pour la reconnaissance locale ?
Éric :
Oui.
Philippe :
Par contre pour Noir Désir ça a été pareil ?
Éric :
Ils n'ont jamais fait notre première partie nous on l'a fait autant Louise Attaque ils ont fait notre première partie.
Philippe :
Pourtant ils auraient pu ?
Éric :
Oh non le public aurait été déçu
Philippe :
De qui ? Des Thugs ou des Noir Désir ?
Éric :
Des Noir Désir, ils sont quand même beaucoup plus gros que nous.
Philippe :
Pas dès le départ.
Éric :
Ils sont partis vite, eux.
Philippe :
Oui, c'est vrai.
Éric :
Oui, ça a démarré très vite.
Philippe :
Retour en musique, qu'est-ce que j'ai calé ?
Moi, je ne me rappelle plus.
Fred :
Summer, et puis ensuite, on va passer... J'ai envie de passer un petit Nebula aussi, par rapport aux riffs de guitare. Un petit Nebula ?
Fred :
Un petit Nebula, oui.
Philippe :
On va envoyer d'abord Summer et puis Nebula.
[Pause musical]
Pierre-Yves :
C'était Road Closed en accéléré.
Philippe :
Aurait-on déniché là une copie des thugs ?
Pierre-Yves :
Juste sur les premiers accords. Après, c'est quand même très 70's et on ne les attaquera pas.
Fred :
Vulcan Bomber, le nom du morceau.
Philippe :
Oui, donc, cette semaine va être pas mal chargée. Parlez-nous un petit peu de ce que vous avez, notamment dès jeudi, en fait, le concert de Bordeaux.
Éric :
De Lyon. Ah, Lyon, oui, c'est vrai, Bordeaux s'est fait. Lyon. Oui, jeudi, on sera à Lyon au Rai Théâtre, organisé par l'association Ground Zéro. Donc pareil avec des gens qu'on connait depuis très très longtemps et on joue donc avec Marvin et le lendemain nous serons à Angers.
Éric :
Et à la suite de ça vous partez quant au states parce que vous jouez vendredi soir il faut peut-être dire aux angevins qu'il faut qu'ils fassent très très vite pour aller acheter des places parce qu'en fait il n'y en a plus.
Fred :
Il y aura Sexy Pop et Blackpool aussi il faudra le rappeler oui bah on va en passer du Blackpool d'accord ce qu'on en a et normalement on part le 9 Et là, j'aime bien le « normalement », parce qu'on est en plein, on a été prévenus très tard, mais tout a été très lent à se mettre en route du côté de nos amis américains.
Et voilà, on est en plein dans nos histoires de visas de travail. Et voilà, c'est un peu speed et normalement, on devrait y aller plus tôt.
Philippe :
Surtout que vous êtes attendus là-bas.
Éric :
On commence à flipper un peu. On commence à flipper un peu, on commence à prévenir que si jamais on ne va pas aux Etats-Unis, ce n'est pas de notre faute. Voilà, qu'on n'y pourra pas se foutre de nous.
Philippe :
Ce sera que de leur faute à eux aux Etats-Unis qu'est-il prévu ?
Éric :
Il y a barbecue je crois il va y avoir de la fête sub-pop dans le Space Needle et alors ça je pense que ça va être épique. Qu’est-ce qui est prévu ? on arrive, tu veux que je te fasse un par un ? enfin voilà, le 10 on fait une radio américaine on doit jouer, j'ai pu, quelques morceaux et puis interview, c'est une radio qui s'appelle KEXP notez-le parce que vous pourriez écouter qui est podcastable c'est ça non c'est comme on dit en français Broadcast en balade balado diffuseur donc vous l'avez en balado diffusion voilà on fait ça après on doit jouer.
Philippe :
Sur le site il y a l'horaire de diffusion du concert ou pas pour que les gens puissent écouter alors moi je pense que c'est en direct et normalement on joue à midi, voilà 20h heure française mais c'est très bien ça ah bah non tu peux l'écouter à midi ici non ça fait 20h c'est à 20h, ok bien joué tu peux l'écouter à midi le lendemain le 10 à 20h sûr tu peux même l'enregistrer après voilà donc cette radio le lendemain on joue dans un club pareil, concert gratuit c'est gratuit ?
Pierre-Yves :
Oui c'est dans le cadre du festival c'est pour ça que c'est gratuit et puis voilà le 13 je pense qu'on va jouer sur la petite scène du gros festival je pense que ça va être assez énorme parce que c'est dans un parc qui s'appelle Marymore Park à Seattle donc ça risque d'être très gros et puis le 14 au matin on prend l'avion et on sera là le 15 enfin là on sera pas à Gribouille le 15 mais voilà ok très rapide finalement il ne reste que 5 jours mais ça va quand même être bien agité et donc entre tout ça un soir il y a une fête dans la Space Needle le building allez voir vous pouvez aller voir par Google Earth ou des trucs comme ça allez voir la Space Needle allez voir le soir vers 23h peut-être sur Google Earth c'est cool oui.
Philippe :
Vous allez arriver encore une fois à tirer une belle page de fin.
Quel sentiment vous avez là maintenant ? Vous êtes déçu ? Vous êtes enthousiaste ? Quelle est votre humeur actuelle ? Par rapport à ces dernières dates que vous êtes en train de faire ?
Éric :
Comme disait Pierre-Yves tout à l'heure, on est un peu sur un nuage. Ça se passe trop bien. Mais non, ça se passe tellement bien. D'abord, nous, au niveau de l'équipe, etc.
Les répétitions, comme j'ai dit tout à l'heure, les répétitions, les concerts, etc.
Et on trouve que ça envoie grave et que voilà, c'est trop bien. Après, il y a des gens qui viennent nous voir et qui sont super contents. Ils ont tous la banane en sortant, etc. Ils nous disent des choses vraiment très très gentilles et qui nous vont droit au cœur.
Et voilà, donc là, ça nous fait encore plus grimper dans les nuages. Et voilà, que du bonheur. C'est une tournée qu'on fait juste pour le plaisir. Il n'y a pas de sortie de disque, il n'y a pas à défendre un album, il n'y a pas de relation avec un label, il n'y a pas d'obligatoirement d'histoire au niveau du groupe par rapport à des tournées. C'est super simple. Et de cette simplicité, il y a un énorme plaisir qui en rejaillit. En plus, on est capable de faire du Thugs.
Fred :
Il y a un DVD quand même à sortir.
Éric :
Oui, bien sûr. Mais ça, ça ne nous met pas la pression du tout une seule seconde. Vraiment, c'est totalement différent d'une vie de groupe qui existe, qui compose, qui fait des albums, etc.
Là, il y a toujours un peu de tension parce qu'on est quatre et qu'il y a des choses à dire. Là, on refait les vieux morceaux et puis on envoi la sauce.
On se fait plaisir. C'est que du bonheur. En plus, je pense que le public... C'est ce qu'ils nous disent.
Vous y prenez du plaisir, c'est marrant parce que nous, on en a ressenti énormément. Voilà. Bon.
Philippe :
Est-ce qu'en 99, il y en a un de vous, ou peut-être les quatre, qui a tiré une larme ? Sachant que c'était la fin. Est-ce que ça vous a... Comment ça s'est passé ? Ça n’a pas dû être simple ?
Pierre-Yves :
Non, non, non, mais... Comment te dire ? Dans le dernier concert, moi, je ne peux pas dire que j'étais super gay. Forcément. On ne l’a jamais été sur scène non plus, tu me diras, mais... Non, ça a été... Moi, j'ai été dans les Thugs pendant... 11 ans ?
Ouais. 11 ans. Et c'est 11 ans d'une magnifique histoire qui se termine. Et tu sais que cette histoire-là, tu ne la revivras jamais, en fait.
Donc, de tout ça, il faut en redescendre, en fait. Et il faut te relancer dans d'autres choses. Et... Tu as tout un moment à te dire, si tu n'enchaînes pas directement sur autre chose, tu as tout un moment où tu es là, où tu te dis, merde, putain, mais ça... Voilà, il faut faire un trait là-dessus, il faut faire ton deuil là-dessus. Et moi, j'ai mis du temps à faire mon deuil. Et puis après, tu reprends autre chose, tu repars sur d'autres choses.
Philippe :
Et justement, vous faites quoi maintenant ?
Philippe :
Pour l'instant, ils sont bien attelés.
Fred :
Non, mais en dehors des Thugs ?
Pierre-Yves :
Sur la réformation des Thugs. Moi, je suis à Bitume. Je suis à la compagnie de Bitume. D'accord.
Éric :
Vas-y, dis-le que tu fais la grosse caisse dans la fanfare.
Pierre-Yves :
Je fais la grosse caisse dans cette magnifique fanfare Jo Bitume qui tourne beaucoup.
On était au Festival d'Anjou l'autre soir avec notre spectacle en salle. Ça a très bien marché. On n'a pas pu passer deux heures. Mais là, franchement, quand je vois la semaine de concert qu'on a fait, tout ça, c'est... C'est autre chose, quoi. C'est autre chose, oui. Même si je prends du plaisir à faire ce que je fais, il n'y a pas de souci, mais... Bon. Mais de toute façon, c'est... C'est un truc exceptionnel. On parlait tout à l'heure de se retrouver tous dans le camion, etc., de retourner. Nous, ce qu'on a pu vivre en tant que thugs, c'est un truc dont on n'osait même pas rêver avant, quoi. C'est-à-dire de... Pouvoir tourner, bon, je ne dirais pas partout dans le monde, parce qu’on n’a pas été partout, mais enfin, voilà, pouvoir aller aux Etats-Unis, pouvoir tourner en France, en Italie, tout ça.
Philippe :
Vous n’avez pas fait tous les continents ?
Éric :
Non, non, non, du tout. Et pouvoir faire des albums quand on veut, comme on veut, avec qui on veut. Et puis, voilà, faire des kilomètres et tout, etc.
Mais ça, c'est une aventure qui est extraordinaire, quoi. Enfin, voilà, je ne sais pas, je pense qu'on a tous envie de vivre ça. Et que, donc, obligatoirement... Quand on s'y remet, quand on le refait, le plaisir est toujours le même.
Philippe :
Christophe, après « Tout doit disparaître » et donc la fin des « Thugs » en 1999, nous a sorti « Droom Mix ». Il en voulait encore du « Thugs ».
Quand on entend ce qu'il a joué c'est ça l'erreur tu crois ?
Je trouvais ça très bien on a eu le droit qu'à ce Droom mix là mais voilà ce n’était pas des chutes d'album ?
Éric :
Ce n’était pas des chutes d'album non ce n’est pas des chutes d'album c'est que en fait sur la fin de l'histoire des thugs sur les 2 ou 3 derniers albums il a composé pas mal de trucs faisait chez lui et tout ce terrain et alors qu’avant c'était plutôt moi et Thierry on a continué aussi mais lui il a commencé à composer un petit peu et ça ne rencontrait pas tout le temps l'unanimité du groupe.
Philippe :
Donc lui est un peu frustré, je ferai un truc tout seul.
Éric :
Oui bien sûr Droom Mix et puis oui oui oui oui oui c'est normal enfin je trouve que oui Voilà, c'est pour ça qu'il y a quelques morceaux qu'il nous avait éventuellement proposés qu'on n'avait pas voulu, parce qu'il l'a sorti très peu de temps après la fin des Thugs.
Donc voilà, moi je trouve que les Thugs sont les Thugs, c'est ce qui est dommage.
Philippe :
Et dans les répètes que vous avez fait là, est-ce qu’il n’a pas essayé de vous proposer d'autres morceaux ?
Éric :
Non, non, rien. Un truc très clair, c'est que là on fait vraiment les anciens morceaux. Et qu'il n'est pas question qu'on compose quoi que ce soit.
D'accord. Pour l'instant. J'aime bien ce mot d'espoir, pour l'instant.
Philippe :
Qu'est-ce qu'on fait ? On peut enchaîner les deux, Droom Mix et Jive Puzzle ? Qu'est-ce que vous en dites ? Je vais sortir tout ça.
Quel est le morceau que vous retirerez de Droom Mix qui vous paraît le plus cool.
Éric :
Non allez-va-y choisis, c'est Aie et Aie et Oh, le premier ?
Philippe :
Ouais voilà on va mettre le premier allez on écoute ce premier de Droomix qui s'appelle Aie et Aie et Oh.
Éric :
Ce n’est pas qu’on n’aime pas ça non.
Philippe :
J'espère bien quand même c'est votre frère.
Pierre-Yves :
C'est qu'on a bu un peu de Layon
Philippe :
Ok allez on y va
[Pause musical]
Philippe :
Il est clair qu'avec Jive Puzzle, la page des Thugs était tournée.
Pierre-Yves :
Pas tout à fait. C'est bien, il se défend. C'est vrai que musicalement, c'est très différent de ce qu'on pouvait faire avec les Thugs. Il n'empêche qu'il y avait quand même quelques trucs...
Fred :
Des morceaux en français notamment.
Pierre-Yves :
Des morceaux en français, des morceaux un peu mid- tempo qu'on pouvait faire avec les Thugs, qui étaient un tout petit peu les prémices de ça. Mais c'est vrai que c'est...
Éric :
C'est aussi un truc qu'on a fait avec PY... On a travaillé totalement différemment de ce qu'on faisait avec les Thugs.
C’est-à-dire qu'avec les Thugs on arrivait avec nos instruments, il y en avait un qui avait enregistré un truc à la guitare avec une voix éventuellement, si c'était moi, sur un petit magnéto cassette. Et là avec Jive Puzzle on passait dans le 21ème siècle, c'est-à-dire qu'on commençait à travailler sur ordinateur, avec des boucles, etc. Donc un travail totalement différent qui nous a amené sur une musique assez différente.
Philippe :
Ok. Tout à l'heure, en aparté, on discutait des groupes angevins qui vous ont fait honneur sur un label qui n'existe plus malheureusement, qui était Edith Sample et Tribute to the Thugs.
Qu'est-ce que vous en retenez de cette compilation ?
Tous ces groupes qui vous ont fait honneur sur cet hommage ?
Pierre-Yves :
Ah ouais d'accord, bon. Non, non, non, ça fait longtemps que c'est sorti.
Ouais, c'est clair. Je n’ai pas de souvenirs particuliers, ça fait évidemment super plaisir, et ça ferait plaisir à n'importe quel groupe je pense d'avoir... Des gens comme ça qui reprennent tes morceaux je... Non non mais je... Avec leur identité propre franchement c'est une colle moi je ne me rappelle pas des morceaux qu'il y a dessus ok le truc c'était que
Éric :
C'est toujours super intéressant de voir les morceaux, d'écouter des morceaux qui ont été composés par les Thugs et de les entendre de façon différente.
C'est-à-dire que les groupes qui reprennent, ils vont le traiter à leur manière. Et ça, voilà. Et puis ça donne une nouvelle couleur. Et puis des fois, on se dit, putain, ils font mieux que nous. C'est mieux ce qu'ils font avec ce qu'on a fait à la base. Bon, rarement, mais ça arrive. Et sur cette compilation moi ce que je trouvais intéressant c'est que moi ou là où ça m'intéressait ce n’est pas quand c'était Sexy Pop qui reprenait les Thugs parce que je trouvais qu'ils le faisaient trop à la Thugs et c'était plus intéressant quand c'était Margot qui le faisait parce qu'il y avait un truc un peu décalé etc.
Bon Bel Oeil aussi je me rappelle plus si attends il y a un truc aussi ils sont en train de dépouiller l'album pour se rendre compte de ce qu'il y avait la Ruda en plus ils l'ont fait sur scène c'était très bien
Éric :
Ah c'était idem je n’avais absolument pas reconnu le morceau mais c'était bien ce qu'ils avaient fait voilà et bon et puis voilà c'est toujours un petit peu flatteur oui.
Mais je trouve que ce qui est le plus intéressant quand tu fais des reprises, et c'est peut-être là où c'est... Je pense que quand on est trop fan d'un groupe, ce n’est pas la peine de reprendre ses morceaux.
Philippe :
D'accord.
Éric :
Quoique nous, on a fait une bonne reprise des Wipers. Donc je dis un peu n'importe quoi. Il y a eu Dead Kennedys et Fier de ne rien faire. Le truc, c'est que le morceau de Dead Kennedys, Pierre-Yves a dit tout à l'heure que lui n'était pas spécialement fan de Dead Kennedys, moi non plus.
Et surtout, quand on a écouté ce morceau-là, en fait... Moi, un de mes morceaux préférés, c'était « Too Drunk To Fuck ».
Et je trouvais que ça correspondait. Les Thugs en auraient eu du mal à faire mieux. Le morceau était tellement bien.
Philippe :
« California Uber Ales » aussi était pas mal. Ouais, mais moi, c'était tout le monde. Ouais, d'accord, d'accord, d'accord.
Éric :
Et donc, c'est... Voilà. Et... Bon... On aurait eu du mal à faire ce truc-là, et puis on ne savait pas quoi faire. Et en fait, c'est Jello qui nous a dit, mais... Reprenez " Moon Over Marine ", c'est un morceau pour vous. Et on a écouté le morceau et franchement, je trouvais ça pas bien. Enfin, pas terrible, quoi. Voilà. Ah ouais. Et je pense que c'est peut-être justement parce que... On n'était pas super fan de ce morceau-là et qu'on est obligé de le triturer pour en faire un morceau Thugs que finalement on en a fait un morceau des Thugs. Il est très beau. Il sent avoir des chevilles énormes. Mais je trouve que là, c'est devenu un morceau Thugs.
Ce qui fait que d'ailleurs, des groupes reprennent " Moon over the Marin " façon Thugs.
Fred :
Ah oui, excellent.
Éric :
Et donc, je trouve... Peut-être qu'il faut ne pas trop aimer un morceau ou ne pas trop aimer un groupe pour faire une reprise qui va être triturée et qui va être vraiment différente et qui va avoir de l'intérêt. Bon, sauf que c'est vrai que je trouve qu'on a fait une reprise des Wipers aussi qui était vachement bien et on est super fans de ce groupe-là, donc...
Philippe :
Celle de Fier de ne rien faire pareil c'était qui déjà le groupe ?
Éric :
C'était les Olivensteins.
Philippe :
Très beau morceau, qu'est-ce que je voulais dire vendredi il y a deux groupes il y a Sexypop et Blackpool qui a fait le choix de choisir ces deux groupes là c'est par affinité, c'est des gens que vous connaissez forcément non, du tous les Sexypop ils se sont imposés non ce n’est pas le genre ce n’est pas le genre de Pierre.
Philippe :
Il vous a monnayé, c'est vrai ?
Éric :
Sur tous les concerts qu'on a faits, on a pu choisir toutes les premières parties. Chacun a donné ses idées avec les groupes qu'il avait envie de voir, avec qui on avait envie de partager un moment. Pas pratiquement, sur tous les concerts on a choisi.
Ah oui, non, pas Marvin. Mais j'aurais pu les choisir. Tu vois, par exemple, on a fait les Dead Pop Club à Bordeaux, on a eu Daria à Paris, Servo à Toulouse, il y a eu Boogers à Paris aussi, il y a eu... Voilà, c'est tout. C'est quoi ta question ? Attends, attends. Donc Blackpool, c'est l'Aubance en fait. C'est l'Aubance, oui.
Ça remonte à un petit paquet de temps où je les ai découverts sur Myspace, tout ça musicalement, je trouvais ça vraiment assez sympa. Et puis lui, Stéphane Bateur m'a renvoyé un message en me disant qu'il était fan des Thugs depuis des années, que c'est... Et puis voilà, du coup quand il a fallu choisir des groupes sur Angers au début on pensait au Casbah Club mais bon après c'est compliqué il fait ses 20 ans de scène Casbah cette année alors il peut pas être partout apparemment il y a des gros trucs ça va être pire que les accroches c'est vrai qu'il faut négocier avec Casbah c'est très compliqué c'est très compliqué parce qu'il y a deux versions du Casbah Club il faut pas froisser la première si tu prends la deuxième c'est une énorme machine, il faut le mettre en branle bah oui
Philippe :
Je retrouve un peu l'humeur de l'émission des Nouvelles du Front.
Éric :
Et donc voilà. Et puis Sexypop, parce qu'on les aime bien et c'était bien d'avoir aussi un groupe d'Angers.
Philippe :
Qui fera la toute première partie ? Sexypop ?
On va écouter Blackpool puisque tu nous fais découvrir un 3 titres. Nous on avait un 5 titres de Blackpool. Sans doute que ça s’est arrivé après. Je ne sais pas. Donc c'est plus récent, c'est plus frais.
[Pause musical
Philippe :
Voilà, ça c'était les excellentissime Sexypop qu'on retrouvera samedi, vendredi prochain.
Vendredi prochain, en première partie des thugs, en toute première partie même, puisque Blackpool fera la seconde partie et pour terminer, il y aura nos Thugs. Voilà, à Jean Villart.
Oui, donc organisé par Love Fuzz, si j'ai bien compris, l'association qui en fait n'était pas du tout, n'avait pas du tout disparu.
Éric :
C'est les morts vivants.
Philippe :
Aussi c'est les morts vivants voilà qu'est-ce que je voulais dire je voulais rajouter quelque chose non je me rappelle plus ce que je voulais dire on a des choses à se dire encore bah oui bah voilà c'est zappé on en a parlé ça s’est fait et puis.
Pierre-Yves :
Voilà bon un petit peu de coteau de l'Aubance.
On parle du SCO peut-être non oui alors ce soir il y a foot votre pronostic le foot ce soir ?
Éric :
J'avais dit depuis le début de la compétition que c'est l'Allemagne qui gagnerait. Je vais m'y tenir. Quoique normalement c'est l'Espagne qui devrait gagner. Comme ça, si quelqu'un m'a écouté, j'aurais eu raison.
Philippe :
Bon, je sais que vous avez chacun une vie de famille, donc on ne va pas trop tarder pour vous laisser tranquille et vivre avec un petit apéritif maison.
Éric :
Oui, là, on peut juste dire qu'en fait, pendant cette tournée, il y a un documentaire qui est en train de se tourner. Oui, c'est en train de se tourner.
Donc, c'est un documentaire sur le groupe, sur son histoire, etc., mais avec le fil rouge de la non-reformation.
Éric :
Et du concert à Seattle. Et voilà, ça sera normalement dans un CD, DVD qui devrait sortir en 2009, au printemps si tout va bien, sinon ça sera au mois de septembre. Et voilà, qui regroupera donc ce documentaire, un live vidéo, un CD live audio et voilà, plus quelques petits bonus avec des clips vidéo et avec une carte blanche qui a été donnée à 5 réalisateurs différents qui font des trucs sur les Thugs en fiction, en animation le cadeau parfait pour Noël
Philippe :
Ça arrivera pour Noël ?
Pierre-Yves :
On l'annonce pour le printemps 2009 mais comme c'est moi qui dois m'en occuper et que je vois le boulot que ça représente je me dis que peut-être que ça sortira un tout petit peu plus tard.
Philippe :
Bon on se quitte avec un morceau fétiche je suppose un " Birds of Il Omen " alors " Birds of Il Omen "
Éric :
Il faut dire que c'est marrant parce que pratiquement un morceau que vous allez jouer oui pratiquement tous les morceaux que vous avez passé jusqu'à présent on les joue pas du tout.
Philippe :
C’est vrai ? Merde
Éric :
Et là par contre vous avez visez dans le mille parce que ce morceau " Birds of Il Omen " il n'était pas du tout question qu'on le joue dans le répertoire et un de nos amis qui tourne avec nous d'ailleurs qui vend les t-shirts tout ça Gabba m'a insisté de telle manière qu'il était impossible pour lui de refuser de jouer " Birds of Il Omen " et finalement on s'est dit ouais mais c'est vachement bien et donc il est dans le répertoire D'accord.
Pour le No Reform Tour. Juste une question. Les Vilains Clowns avaient joué un morceau qui s'appelait Les Thugs à l'apéro. Vous le connaissez ?
Éric
Pas du tout.
Philippe :
On le passera juste après ce morceau-là. C'est un morceau hommage qui vous est dédié. C'est un peu les tucs à l'apéro, en fait.
Oui, mais ça s'appelle les tucs à l'apéro. Les tucs à l'apéro. C'est bien écrit comme ça, donc on l'écoutera après.
En attendant, je vous dis déjà au revoir et à très bientôt. On se reverra vendredi soir.
Oui, on sera là. Et puis on se croisera forcément sur Angers dans d'autres lieux.
Merci en tout cas merci à vous d'être passé et puis bon courage pour les Etats-Unis
Pierre-Yves :
Il n'y a pas besoin de courage
Philippe :
J’espère que vous allez pouvoir y aller quand même
Éric :
Ça c'est un autre problème.
Philippe :
Merci à vous.