Interview de Mathieu - The Doom Dad

The Doom Dad

Cette interview a eu lieu en 2024 lors du Westill Festival de Vallet, interview tranquille mais j'étais un peu intimidé de mon côté, mais Mathieu de The Doom Dad a su me mettre à l'aise rapidement et a bien voulu répondre à mes questions sur la scène stoner.
 

Fred : Bonjour The Doom Dad, comment vas-tu ? 

Mathieu : 

Salut, salut à toi et salut tout le monde ! 

Fred : J'ai quelques petites questions à te poser comme tu peux l'imaginer. Je voulais savoir qu'est-ce qui t'a poussé à créer ta chaîne YouTube autour du Doom et du Heavy Metal ? 

Mathieu : 

Déjà au départ, le fait que j'ai toujours voulu parler, je pense que c'est le cas de beaucoup de gens amateurs de métal ou de Stoner ou de Doom, via les webzines, de pouvoir partager sa passion, parce que t'as pas forcément des gens autour de toi qui partagent la même passion dévorante, donc j'ai commencé avec du webzine et j'ai toujours voulu... Je ne sais pas, faire participer à la scène en fait, avoir un rôle là-dedans. J'ai donc organisé des concerts, les Stone Gathering pendant quelques années, une petite dizaine d'années je crois, ou 5 ans, sur Paris, que j'ai arrêté notamment à la naissance de mon premier enfant. Et à ce moment-là, j'ai lancé des podcasts, un peu le barbu de 35 ans qui vient d'être daron. Je vois le truc ! et qui fait un podcast, une sorte d'énorme classique, donc avec Troll in the Sky. Et puis suite à une déconvenue professionnelle, ma compagne, enfin ma femme m'a dit « Est-ce que ça ne serait pas le temps de profiter du chômage, du fait qu'on a la maison qui arrive, les travaux à suivre pour te lancer sur tes passions et voir ce que ça donne ? » Donc c'est ce que j'ai fait et puis ça a suffisamment donné pour pouvoir l'envisager comme un truc pérenne aujourd'hui. 

Fred : Et du coup, je vais rebondir sur une autre question. Comment tu choisis les albums ou les groupes à présenter dans The Doom Dad ? 

Mathieu : Alors je ne fais plus beaucoup de trucs spécifiquement sur un album désormais puisque depuis un an et demi j'ai Rock Hard également qui me permet d'en parler, de faire des chroniques et je cherche à ne pas faire des doublons. Donc en général je ne suis plus sur des sujets ou sur des reports de festivals et comme désormais pour les souscripteurs il y a des concours en fait, quand j'ai des coups de cœur ou des groupes que je croise ou des gens qui sont ok pour que je leur file aussi un coup de main en faisant gagner des vinyles ou des CD, la mise en avant se fait comme ça et en général j'ai suffisamment de coups de cœur en fait pour pouvoir... Et puis les groupes sont suffisamment sympas pour que ça se goupille comme ça quoi. 

Fred : Alors, ok, et tes principales influences dans le monde du métal, ça va être quoi ? Des groupes qui m'influencent ? 

Mathieu : Ouais, c'est ça. Je suis obligé de dire Black Sabbath, déjà c'est évidemment le groupe sur lequel je fais un podcast, donc Children Off The Sabbath. Si tu prends à peu près tous mes projets, à chaque fois il y a du Sabbath dedans, que ce soit Into The Void, ma marque de t-shirt, donc avec Into The Void, les génériques de tout, même le générique de The Doom Dad en fait c'est Paranoid en ralenti. Donc voilà, c'est Black Sabbath partout. 

Fred : Ok. Est-ce que tu peux me présenter les albums que tu préfères dans ta collection personnelle ? Est-ce que tu as un classement particulier ? 

Evidemment sans dévoiler les chiffres pour les concours que tu fais pour ta chaîne YouTube. 

Mathieu : Alors oui, évidemment j'ai des classements, j'ai que ça. En fait j'ai un fichier Excel avec des classements par décennie. Donc des classements j'en ai des tonnes. Et d'ailleurs, on avait fait pendant le confinement avec des amis un top 200 sur Instagram. Donc on avait présenté nos vinyles préférés, nos albums préférés en vinyles classés de 200 à 1. Donc il est possible en scrollant mon Instagram de retrouver ça dans les années 2020. Et du coup, le top 6, c'est Black Sabbath. Donc c'est 6 albums de Sabbath avec Sabotage de 75 en numéro 1. Le classique Black Sabbath effectivement. 

Fred : Comment est-ce que tu perçois l'évolution de la scène Doom et Heavy Metal aujourd'hui ? Doom et Heavy Metal ? Ou Stoner, par exemple. 

Mathieu : Oui, effectivement, on est quand même au Westill Festival, il faut le rappeler. Stoner, j'ai fait une vidéo récemment qui s'appelle Stoner Rock, jamais mort, où vraiment, j'ai enterré ce style plein de fois. À chaque fois, je me dis, OK, là, c'est la fin, c'est sûr. Et à chaque fois, ce n'est pas le cas. Donc aujourd'hui, officiellement, je le réenterrerai dans ma tête plus jamais. Et je pense que c'est un style qui sans pour autant révolutionner, parce que ce n'est pas son but. Il arrive tout le temps à être plein de vitalité. Le Westill en est une preuve, d'ailleurs. 

Oui. Et l'album de Slomosa, ou celui de Monkey 3, ou celui de Slift cette année sont des preuves que oui, le style est toujours plein de vitalité, même si j'ai quand même le sentiment que beaucoup de groupes, en tout cas, prennent un plaisir à refaire simplement ce que d'autres ont fait avant. Et pourquoi pas, c'est aussi ton droit, mais du coup en tant qu'auditeur à vide de découverte en général, ça m'intéresse moins. Mais en tout cas, il y a toujours 4-5 albums par an, et notamment principalement cette année, qui me mettent sur le cul. Donc génial. 

Fred : Et justement, tu peux nous parler un peu de la programmation des deux jours ? Du festival ? Ce que tu vas voir ? Est-ce que tu connais les groupes Qilin, Slomosa ? 

Mathieu : Oui, j'imagine, évidemment. Oui. Oui, je connais quasiment tous les groupes à l'affiche. Il y en a un ou deux, tu parlais de Qilin notamment, que je vais découvrir. Et le groupe qu'on vient de voir  Aphasis également, que je ne connaissais pas, et qui était malgré l'absence de leur chanteur, très sympa. Donc groupe local, vraiment très cool. Mais sinon oui, je connais bien les autres groupes, et pour la plupart, je les ai déjà vus souvent, donc... Ma venue au Westill c'est à la fois l'effet de masse, d'avoir tout réuni, également parce que moi qui ai souvent appelé de mes vœux le fait d'avoir un festival stoner qui fonctionne en France, d'avoir eu, de caresser le rêve à un moment de l'organiser sur Paris sans que ça ait été faisable pour différentes raisons, je trouvais ça dommage d'avoir une chaîne qui parle pas mal de stoner et de doom et de ne pas être là aussi pour eux, donc vraiment c'était important pour moi d'être là aussi pour eux. Pour les aider à ma modeste échelle à saluer cette grande réussite qu'elle a leur et de tous les groupes que je vais prendre plaisir à voir ou à revoir parce que la plupart j'ai vu des tonnes de fois, Slomosa est le groupe que je n'ai pas encore vu sur scène qui m'a assis complètement cette année et que voilà donc je dirais venue numéro une mais tu peux, il y a Birds of Nazca aussi qui est un petit groupe je crois local j'avais bien aimé leur premier album que j'avais mis en quête de talent dans Rock Hard donc je suis content de les voir, Grandma's Ashes qui est un groupe très sympa en live Tu peux aller sur Dozer, tu peux aller sur Orange Goblin qui est toujours une valeur sûre. L'ensemble de la prog me fait extrêmement plaisir. Monolord évidemment qui en plus maintenant à un membre de Spiritual Beggars et d'Opeth, donc Per Wiberg, à la guitare. Je les ai vus au Désert Fest et c'est vraiment un plus. Et puis c'est une légende donc ça fait vraiment plaisir de les revoir également. 

Fred : Est-ce que tu as un album de référence à conseiller aux auditeurs qui nous écoutent ? 

Fred : On va revenir à Black Sabbath. 

En stoner ? 

En stoner, oui, par exemple. Je ne vais pas dire Black Sabbath pour ne pas faire le trop facile. Mais après, l'évidence, évidemment, c'est de commencer par Kyuss. Si vous ne connaissez pas le style, c'est évidemment de commencer par Kyuss. Que ce soit Welcome to Sky Valley ou Blues for the Red Sun, Moi j'ai commencé par Blues for the Red Sun et pour l'anecdote, suite à un article de Cyril Deluermoz dans Rock'n'Folk, il y a maintenant 20 ans, et Cyril est décédé malheureusement depuis, et je me souviens d'avoir emprunté à la médiathèque, n'avoir rien compris, et de m'être dit « c'est hors de question que ce type dise que c'est magique, ce type dise que c'est à la fois du Pink Floyd et du Black Sabbath, et de ne pas supporter l'écoute ». Du coup je me le suis passé 100 fois d'affilée, Et je souffrais de moins en moins jusqu'à ce que ça devienne un de mes albums favoris de tous les temps. Et je me dis : "Plus jamais dans ma vie je ne laisserai une chance à quelqu'un comme ça." Tu vois, sans écoute alors que les 30 premières sont douloureuses on va dire. Donc peut-être que "Welcome to Sky Valley" est plus digeste. "And the Circus Leave Town" aussi. Donc commencez évidemment par "Kyuss" et puis après vous avez un monde devant vous. Donc prenez n'importe quel top, playlist. Sur les réseaux ou quoi, où il y a eu dans Rock Hard il y a maintenant quelques temps Bruno Bache qui avait fait un top 25 donc quoi qui a été aussi un point de départ pour moi et après selon vos affinités allez sur Unida, allez sur Orange Goblin allez sur... Il y a des tonnes de sous catégories sur Monolord si vous le souhaitez qui a été aussi un tournant plus récent il y a plein plein de possibilités et je ne sais pas si je devais... 

Moi j'ai une énorme passion pour Sleep dans le style plus Doom, psychédélique. Et puis après tout ce qui est... Ouais, après dans le Doom il y a plein de trucs aussi qui me plaisent bien. Et Pentagram, écoutez Pentagram. 

Fred : C'est important d'écouter Pentagram effectivement. 

Ouais, urgent. Tout à fait. 

Fred : On va plus revenir sur des choses peut être récentes. 

Ton dernier coup de cœur de la scène Stoner, Doom et V-Metal, ça va être quoi ? 

On en revient à la question d'avant en fait. 

Mathieu : Ouais, bah... Je pourrais dire Slomosa, j'en ai déjà parlé plein de fois. Je vais dire Slift parce que je suis un peu passé à côté de Ummon quand il est sorti. Je les ai regardés un peu du coin de l'œil, je ne sais pas d'où ils sortent, c'est quoi ça, c'est quoi cette affaire. Du coup, j'ai fait un peu mon snob. Et je me suis fait rattraper avec Ilion, j'ai rattrapé Ummon entre temps. Et voilà, donc mortel. Donc voilà, et je trouve que le dernier Monkey 3, Welcome to the Machine, est incroyable. Donc écoutez Monkey 3. Voilà, pour traverser ça. 

Fred : Cool, merci Mathieu. Est-ce que tu as un mot pour l'émission "Ça dégouline dans le cornet" qui est sur Radio G. ? 

Je ne sais pas si tu connaissais, ça existe depuis 1992, donc on est dans la 32ème année. Voilà, on a une web radio, on diffuse du son stoner, métal, punk, noise et consorts. Et la petite tradition c'est de faire un petit jingle par exemple pour ça dégouline dans le cornet. Je ne sais pas si tu es d'accord. Radio G sur Angers, oui tout à fait. 

Mathieu : Vous êtes à l'écoute de Ca Dégouline dans le Cornet sur Radio G. 95 FM, pas du tout parce que c'est une web radio. Je suis The Doom Dad. Mettez-vous plein de son dans les oreilles. C'est du bonheur et vive les radios libres. 

Fred : Merci à toi, c'est cool.