Interview de Victor Vicart - DVNE

DVNE

Cette retranscription de l'interview de Victor qui est le guitariste de DVNE, qui arrive tout droit des Higlands Ecossaises et plus précisément de Edimbourg. Elle date d'il y a deux ans mais elle est intéressante dans le sens où j'ai abordé avec Victor pas mal de choses concernant la genèse de DVNE.


Attention interview fleuve :

Donc vous êtes sur Radio G, l'émission "Ça dégouline en cornet" avec Victor de DVNE.

Merci Victor déjà de me recevoir dans un endroit particulier si on peut dire.

Fred : Quelques questions du coup à te poser.

Est-ce que tu peux me parler de DVNE ?

DVNE c'est en 2013.

Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur la création du groupe ?

Tu vas avoir cette interview à la cool, un peu des questions bateau.

Mais bon c'est aussi l'idée quoi voilà.

Victor : Tu me posais la question de l'origine du groupe.

En fait, c'est le batteur et moi-même qui avons commencé le groupe en 2013, quand j'ai déménagé à Edimbourg. Moi, à l'époque, j'avais déménagé d'abord à Londres, ensuite j'ai déménagé à Nottingham et ensuite j'ai fait Edimbourg pour les études.

Et à chaque fois que j'allais dans une ville, je cherchais des musiciens pour commencer un groupe. Je me rappelle avoir même dit à une amie que je ne repartirai pas du Royaume-Uni tant que je n’ai pas fait un album avec le groupe et avec un groupe.

Et donc j'avais quand même cette idée en tête de le faire, je t'avoue que j'avais bossé au Hellfest déjà à l'époque.

Je faisais la réception artiste mais c'était un truc de bénévole quoi, je me rappelle, je faisais déjà de la guitare à la maison j'avais fait tu vois du clavecin quand j'étais petit bref ce genre de trucs au conservatoire d'Angers.

Donc de voir ces artistes un petit peu sur scène, des artistes que j'admirais beaucoup et de les voir jouer et de me dire en fait ça je peux le faire. J'étais assez à rapidement dire ça je pourrais le faire, j'ai très envie de créer, j'ai envie de voir ce que ça donne mais j'ai envie de l'emmener aussi dans un contexte live.

Donc j'ai eu ce moment-là où ça m'a vraiment donné envie de le faire de façon professionnelle ou pas vraiment, mais plutôt juste de on a envie de le faire, j'avais compris comment les groupes marchaient que c'était des trucs en semi-pro disons.

Fred : Oui, je vois le principe.

Victor : Et donc du coup quand j'étais au Royaume-Uni, voilà c'était le pays de Black Sabbath et Motörhead et de tous mes groupes préférés.

Je pensais que ça allait bien marcher de ce côté-là.

Ce qui est bizarre parce que j'aurais pu faire la même chose en France. Donc j'ai fait Londres, j'ai eu du mal à trouver des musiciens et Nottingham j'ai commencé un groupe mais qui n'était pas top.

Et ensuite à Edinburgh j'ai rejoint un groupe de doom métal. Avec qui j'ai fait quelques concerts. Tu vois on a fait des trucs cool. Je crois que dans mon premier concert au Royaume-Uni, l'un de mes premiers concerts en fait sur scène à la guitare, c'était avec... C'était avec... Non ce n’était pas Saint Vitus, ça c'était le deuxième concert.

Fred : Ah oui quand même !

Victor : Ouais, on avait ouvert pour des trucs bien. Parce que le groupe était déjà bien...

Tu vois il marchait bien, bien ancré en Écosse. Et ils venaient de jarreter leurs guitaristes et ils étaient tous...

C'est des copains mais ils le savent, ils sont tous très mauvais dans leurs instruments.

Et donc du coup quand je suis arrivé dans le groupe, je trouvais ça assez facile le Doom.

Ce n’est pas non plus très compliqué.

J'aime beaucoup Electric Wizard ce truc, j'ai beaucoup écouté.

Fred : J'ai une pochette justement ici que je t'ai amené. C'est un peu l'idée aussi de faire une interview pochette en même temps.

Est-ce que tu peux me décrire un peu la pochette ?

Victor : Ce n’est pas la plus belle de Electric Wizard.

Fred : Ce n’est pas fortement la plus belle effectivement.

Victor : D'ailleurs c'est un peu un cliché satanique Doom. Mais c'est une nana en culotte avec Black Massif.

Mais d'ailleurs j'aime beaucoup cet album, je les ai découverts pendant cette période. Je les ai vus au Hellfest plusieurs fois aussi également.

Pareil ouais. Je t'avoue que c'était vraiment ma période quand j'ai bougé à Londres, c'était Black Sabbath et du coup tout ce qui est arrivé sur le vrai doom quoi donc ...

Electric Wizard et ce genre de trucs. Orange Goblin aussi même si on est plus dans le doom mais c'est un peu la même scène.

Fred : Ok, Orange Goblin qui passe au Westill Festival prochainement sur Vallet.

Victor : On a fait plein de festivals avec eux.

Cool, c'est bien.

Mais d'ailleurs Electric Wizard aussi, on a joué aux Damnation où je les ai vus.

Fred : Ok.

Victor : Où le mec était tellement high qu’il n’avait pas vu qu'il avait sa guitare qui n’était pas branchée.

Fred : Ah, ça c'est encore autre chose.

Victor : C'est encore autre chose, on est d'accord. Donc voilà, je t'avoue j'avais commencé à faire ça à Glasgow donc un de mes premiers concerts c'était avec Grand Mangus, c'est ça ?

Fred : Ok.

Victor : Et le deuxième c'était avec Saint Vitus. On avait ouvert pour plein de ces groupes-là tu vois et au même moment c'est là où j'ai commencé à faire DVNE parce que c'était cool le doom et je trouve que ça limitait quand même vachement même s’il y a des groupes comme Yob qui prouvent le contraire.

Et donc du coup j'ai commencé le groupe avec Dudley notre batteur qui est écossais. J'avais déjà quasiment un EP d'écrit qui était notre premier EP qui s'appelle Progenitor.

Et donc on l'a raffiné avec Dudley, on a fini d'écrire pas mal de chansons ensemble.

Et ensuite on avait un bassiste aussi à l'époque qui était là, qui a aidé un peu.

Dan est arrivé à la fin de l'écriture donc on avait déjà écrit toutes les chansons. Il est venu pour ajouter un peu de chant un peu de vocals et d'autres trucs comme ça c'était plutôt du cri à l'époque et là on a vraiment le prototype de DVNE.

Fred : Et du coup cet album est sorti en fait ?

Oui, on a eu un EP avant celui-là.

Tu me sors Asheran.

On a eu deux EP avant celui-là.

On a eu Progenitor, qui fait une demi-heure, c'était déjà un concept.

Ensuite, on a fait un deuxième concept, un EP qui faisait que 20 minutes, avec deux chansons que j'aime beaucoup toujours, et qu'on joue tant en plus, alors qu'on ne joue rien de Progenitor.

On a refait un EP sur un des trucs, l'EP s'appelle Aurora Majesty. C'est quasiment du crust, c'est un départ complet du stoner.

C'est quasiment du crossover un peu à la Old Pigs Must Die en mode rémission Mastodon de l'époque.

On était fous de ça avec le batteur

Fred : Donc grosse influence pour vous Mastodon ?

Oui tout en fait, jusqu'à The Enter alors il encore ouais le les épargnes tout tout ce qui est ce cas ce que jusqu'à The Enter, il y a de bonnes chansons dessus.

Mais tout ce qui était avant dès qu'il faisait des concepts album et qui était bien tu sentais que ça manque vraiment la flamme c’est certainement un de mes groupes préférés avec Neurosis, c'est des groupes cultes

Fred : Je n’ai pas eu la chance de voir Neurosis encore mais peut-être un jour.

Victor : Je les ai vus deux fois et c'était très bien.

Fred : J'imagine bien, effectivement j'ai un pote qui est très fan de Neurosis notamment.

C'est top. Donc à cette période-là, si je te parle de ce deuxième EP, c'est qu'on pensait justement que, on écoutait beaucoup de black métal aussi à l'époque, du Magwa et ce genre de trucs.

On s'était dit ouais ça va être ma direction va partir sur un duo sur un projet progressif mais presque à la plage à la Black Cobra.

Fred : Je connais j'ai un album à la maison effectivement.

Victor : Je l’ai est vu au Hellfest et j'ai trouvé ça incroyable et on avait vraiment envide faire ça avec le batteur au même point, on s'est vu que c'était un 2-piece, on s'était peut-être posé la question si Dudley et moi on n’allait pas faire un autre projet à côté.

Fred : D'accord, un projet un peu parallèle en fait j'imagine.

Victor : Voilà, donc on aime bien la musique extrême tu vois et donc on arrive à Asheran, on s'est dit bon c'est le moment d'écrire un album.

A cette époque-là il y a un label qui nous contacte qui s'appelle Holy Roar, ils ont fait beaucoup.

Enfin c'est vraiment.

Pour moi c'était le label le meilleur label du Royaume-Uni avant qu'il y ait un scandale sexuel.

Donc ce genre d'histoire donc le label c’était kaput mais c'est surtout que pendant cette période on écrivait l'album et le mec nous disait j'adore ce que vous avez fait sur les deux EP j'ai hâte d'entendre l'album, envoyez-le-moi et on va le sortir

Il y avait des concerts de prévu, etc.

On sort cet album et moi je galérais à fond, je me rappelle, je galérais à fond au début à lancer la machine pour le reste de l'album.

On avait deux chansons d'écrites, il y en a une qui s'appelle "Thirst" et l'autre qui était "Descend of the Asheran" et le reste on n'avait rien.

Et "Thirst" c'est du black metal quasiment, progressive black metal, post black metal, ce genre de trucs.

"Descend of the Asheran" c'est carrément de la prog mélangée au Baroness quoi.

Et donc on ne savait pas trop ce qu'il fallait faire pour l'album. Et en fait, plus on essayait d'écrire des trucs durs et agressifs, moins ça marchait.

On a donc décidé de se dire qu'on allait arrêter d'essayer de vraiment vouloir contrôler ce qui va sortir et plutôt de ne se laisser jamais porter.

Et c'est là que tout s'est débloqué, il y a « Crimson Past » qui a été faite, franchement ça a été écrit en 3-4 répètes cette chanson. Pareil pour les autres, il y a tout qui s'est mis ensemble très rapidement, on l'a écrit en 6 mois le reste de l'album.

C'est un album qui fait une heure, c'est un gros truc.

Je pense que c'est le premier album dans lequel je suis... Dans lequel je suis... Dont on est le plus fier... Dont on a commencé à être fier de ce qu'on faisait.

Fred : Oui, je comprends.

Victor : On était un peu : "Bon, c'est cool, on a commencé à ramener quelque chose qui est assez intéressant, qui est assez différent." Et puis c'est notre premier album, voilà.

Les voix commençaient à se... Toutes commençaient à se mettre un petit peu en place, à s'imbriquer, ainsi de suite. Je pense que les gens, généralement nos fans disent à peu près la même chose aussi.

Fred : Est-ce que tu as des anecdotes de tournée, des meilleurs souvenirs, les pires galères par exemple aussi ?

Oh, il y en a beaucoup.

Fred : J'imagine, ouais.

Victor : Je vais t'en donner une.

Ouais, si, il y en a une qui était bien pourrie, c'était le...

Fred : Après, il y a des trucs drôles aussi qui peuvent arriver.

Victor : Ouais, mais c'est drôle et pourri.

Fred : Ouais, ok, d'accord, d'accord.

Victor : Le drôle est pourri si je j'en ai plein des histoires à la con comme ça on a eu un concert on a fait une tournée c'est justement après Asheran, on a fait une tournée c'était un headline tour avec un groupe français qui s'appelle Crack House je crois que c'est fini d'ailleurs ce groupe-là mais on était en tournée avec eux et on a fait 15 concerts donc tu vois à l'époque pour nous c'était une grosse tournée mais c'était énorme c'était bien ouais c'est petit quoi petit ouais oui à votre échelle aujourd'hui tu fais des squats tu fais ce genre de trucs mais on s'est bien marré et au même moment.

C'est vraiment le moment où ça a un peu décollé pour nous. Au même moment, il y a Psyco Las Vegas qui nous a envoyé des messages en disant "Je voudrais vous faire jouer à Psyco".

Fred : Il y a des vidéos sur YouTube notamment, entre autres.

Victor : On avait fait ce concert, donc c'était un gros truc. Donc c'était un peu au moment où on s'est dit "Bon, c'est cool, on a encore ces trucs-là", mais on commençait un peu à monter.

Et à ce moment-là, on a notre van, on avait acheté un van. De merde qui avait deux cent mille bornes aux compteurs quand on l’avait acheté.

Et on se retrouve en Allemagne en c’était l’un autre de nos derniers concerts avant de rentrer au Royaume-Uni pour la fin des concerts avec les Français.

Le van tombe en rade avec de l'huile qui passe dans le moteur et ça commence à fumer de partout.

On est bloqué au milieu de la fin du dimanche soir et le lendemain c'est férié en Allemagne donc on est bloqué en Allemagne notre ferry le lendemain on ne va pas le voir.

On avait de l'argent dans notre poche on s'est dit c'est cool on a finalement fait un profit en tournée et on se retrouve à avec un van qui ne marche plus au milieu de l'Allemagne et on doit se faire encore aller à 500 bornes pour aller jusqu'au nord de jusqu'au nord de pour aller prendre notre ferry de la Hollande.

Personne n'est dispo parce qu'il y a des festivals à droite à gauche et on se fait ramener dans un garage où les mecs ne parlent qu’allemand ou polonais

Et surtout on a dormi dans le van la nuit, on s'est fait réveiller par les chiens du mec, donc deux gros molosses.

Et le mec qui nous parle en polonais, on fait "pourquoi, qu'est-ce qu'on va faire ?"

On a réussi à communiquer avec le mec, le mec nous dit que le van est mort, on a dû revendre le van parce que le van était trop pourri.

Et on a pu attendre deux jours avant qu'un mec vienne nous rechercher en van.

Donc on a loupé deux concerts. Et après on est remonté dans un van, on a lâché tout le matos en face du ferry.

Le ferry est venu nous aider à monter tout le bateau ça c'est positif et ça c'est cool quoi mais imagine ça va être énorme et après pareil il y a quelqu'un qui a fait la même au Royaume-Uni pour venir nous chercher donc ça c'était une bonne galère.

On s'est marré mais c'était une bonne galère

Fred : Ok j'imagine

Fred : Voidkind du coup il est sorti récemment est-ce que tu peux me parler un peu du retour du public de votre ressenti aujourd'hui

Victor : C'est un album où on vient de sauter un album, on vient de sauter Etemen Ænka**.**

Fred : Oui, pardon, mais tu peux nous reparler un peu de la pochette ?

Les influences de Maman ?

Victor : Oui, c'est ma mère qui dit ça tout le temps, on est chez mes parents pour les auditeurs, parce qu'on est voisins avec Fred.

Oui, mais non.

On a parlé de Marald, ce ne serait pas trop son truc.

Marald, il fait beaucoup d'artwork pour des groupes plus connus que nous.

Il a fait Baroness des trucs pas les pochettes mais il fait souvent l'intérieur des pochettes je crois qu'il vient de faire des trucs pour Metallica pour des tournées ce genre de trucs.

Non il a fait l'inner cover de Metallica aussi donc il a fait des gros trucs, tu vois mais moi j'ai toujours été très fan.

J'aime beaucoup son style qui mélange un peu de ce c'est ce qu'il a un petit peu de 2 c'est de c’est naturiste ou naturaliste comment on dit en français ?

C'est lequel qui se met à poil ?

Fred : C’est les naturistes, (rire ndr)

Victor : Donc les naturalistes un peu à l'époque notamment en Hollande.

Fred : Il y a aussi des impressionnistes aussi ?

Victor : Oui mais plus non non plus vraiment ceux qui dessinaient les insectes sur le territoire des explorateurs qui dessine des insectes et des animaux et qui gardait des planches en fait et à ça il a vachement ça Marald qui fait beaucoup et du coup quand je voyais son art ça m'a beaucoup parlé et comme tu disais ma mère a fait ce genre de choses aussi.

Et donc du coup je l'ai contacté pour lui dire le concept de l'album quand on lui a donné le concept d'un album il nous a envoyé un premier un premier exemple pour une pochette, c'est une pochette qui s'ouvre, il y a le côté brillant, il y a le côté sombre de la pochette qui est beaucoup plus giga à l'intérieur et donc voilà, c'est hyper c'est une cover qui est je crois maintenant un peu connue dans notre scène tant mieux, au contraire c'est bien de bosser avec des artistes comme ça.

C'est parce que dès que tu bosses avec des artistes comme ça, tu as quelque chose qui est immédiatement reconnaissable et donc ouais ce qui était important pour nous parce que c'était Etemen Ænka, c'est je te disais que j'étais fier de Asheran, il y a plein de choses qui pêche sur Asheran et qui ne pêche pas vraiment.

Fred : C’est une évolution en fait.

Victor : Ouais, du coup deuxième album et on joue quand même beaucoup mieux sur Etemen Ænka, les guitares, la batterie et la façon dont on a enregistré ça sonne mieux donc c'était non non.

C'est moi je me rappelle avoir pris un pied particulier à faire cet album et pas à l'écrire mais à l'avoir enregistré.

C'était un sacerdoce mais d'ailleurs les deux derniers albums c'était plus difficile à écrire. Parce qu'on est plus exigeant.

Et donc voilà, cet album pour moi c'est vraiment celui qui nous a mis sur le radar. C'est l'album sur lequel on a fait le Hellfest, c'est l'album sur lequel on a fait tous les plus beaux festivals qu'on a fait à l'époque.

Fred : J'avais une question justement sur le Hellfest.

Est-ce que ça a pour toi, est-ce que ça a mis un petit peu plus en lumière, on va dire, la scène métal progressive doom actuelle ?

Clairement, le Hellfest, effectivement...

Victor : Pour nous, oui, c'était important, mais regarde, ils ont des groupes comme... The Ocean, même s’il y a beaucoup de gens qui nous comparent à The Ocean, c'est assez différent de ce qu'on fait, mais il y a Mastodon qui a fait ça depuis 2000.

Donc non, je pense que c'est... des fois, les gens voient ça comme une scène un peu plus niche, mais c'est juste que ça demande un peu plus d'effort d'écoute au début.

Mais ce n'est pas une scène qui n'est pas populaire, non.

Non, au contraire. Je pense que ça marche bien. Je pense que c'est un public encore plus initié que certaines scènes. C'est vrai.

Mais Tool, pareil, c'est quand même hyper accessible en fait. Ça reste de la musique qui est très compliquée et je pense qu'on vit à peu près dans le même monde qu'eux.

Fred : C'est ça, on est d'accord. Je disais que j'ai pu vous voir deux fois à Nantes au Ferrailleur dernièrement au Motocultor Festival à Carhaix

Super concert au passage.

Est-ce que tu peux me dire un peu comment le public français vous voit ?

Parce que je sais que la scène française, si tu vois les groupes français par exemple, toi qui es "Angevin" sur Edimbourg aujourd'hui, quel est ton ressenti par rapport à la scène française, pas forcément dans la même chapelle, mais musicalement parlant en général ?

Victor : J'aime beaucoup, je suis très attaché, c'est con de dire fier, ce n’est pas grâce à moi.

Mais je suis assez heureux d'amener mon groupe, mes copains, en France pour faire des concerts. Et qu'a priori le marché "français", le public français et la scène française, c'est quand même idéal pour des groupes de musique dans ce style.

Parce qu'en France, et dans d'autres pays aussi, mais en France les gens respectent vraiment l'art et les artistes et je trouve qu'il y a aussi une autre chose c'est que l'État même si on peut dire ce qu'on veut dessus mais il y a quand même beaucoup d'aides qui sont faites notamment pour les SMAC les salles de concert qui permettent d'avoir des conditions d'accueil d'artistes qui sont très bien.

On a joué partout dans le monde, on a joué aux États-Unis, on a joué au Royaume-Uni, on a joué en Allemagne, on a joué partout.

Les meilleures conditions d'accueil que j'ai pu avoir, c'est en France et en Hollande.

C'était vraiment bien de ce côté-là et d'amener les copains et de faire que ce soit des petits concerts ou des gros concerts ou des gros festoches, ce genre de trucs d'arrivée pour qu'on soit très bien reçus, que le public soit suivi derrière aussi.

C'est ça, on est un peu latin, donc on a le côté où on bouge un peu quand même. Je comprends. Parce qu'en Hollande, c'est un peu plus les bras croisés, ils te regardent plus, ils étudient plus le truc.

Mon premier concert en Hollande, j'avais l'impression de les faire chier, je suis sorti de scène et ils nous ont demandé de remonter sur scène.

Au contraire, c'était au contraire.

Voilà, c'est différent.

Fred : C'est un peu le public Angevin qui est comme ça aussi.

Victor : Je ne connais pas Angers, je n'y ai pas joué encore. Poitiers, c'est comme ça. Poitiers, c'est froid. Au Confort moderne, par exemple. C'était très froid, alors qu'à Nantes, pas du tout. Paris, c'est chaud, c'est trop bien.

Plus tu vas dans le sud plus les gens sont chauds mais ils ont moins de pression, il y a une balance qui est bien mais en France qui est bien c'est que ben voilà Paris les gens achètent du merchs pour nous c'est important mais complètement quand tu vends des posters il ne veut pas parce que tu vois un poster à 30 balles ça oui c'est une sérigraphie un artiste derrière en Allemagne il gueule pour les prints je me suis fait engueuler plusieurs fois pour les prints.

C'est moi qui l'ai fait et ça fait des heures et des heures que je bosse dessus.

Fred : Tu m'étonnes.

Victor : Donc il y a ce côté-là en France que j'aime bien. On est bien reçus, c'est bien payé parce que les gens qui bossent sont heureux d'être là parce qu'ils sont bien payés aussi. Tout à fait. Donc c'est super bien.

Fred : Et du coup, il y a une tournée qui se prépare les prochaines dates.

C'est qui ? C'est quand ? C'est à quel moment ?

Victor : Alors donc du coup on va finir on va finir on va faire la deuxième partie du Voidkind Tour en France donc c'est la partie 2 parce que la partie 1 c'était c'est très bien passé on a joué avec My Dilligence qu'on réinvite sur celle sur cette partie de la tournée

Donc groupe belge qui est un peu plus proche de Torche, tu as le vinyle Harmonie Craft qui est là.

D'ailleurs il y a des moments où c'est complètement full en Torche et ça me plaît. Donc ce côté-là ça a bien marché tu vois. Et la tournée était vraiment bien en France, on a fait 8-9 concerts en France, il y en avait 7 qui étaient complets.

Alors c'est la première fois qu'on fait des dates complètes en tête d'affiche donc c'est quand même incroyable tu vois. Du coup on s'est dit avec notre booker, ça vend bien, il y avait plein de gens qui voulaient nous proposer d'autres dates.

Fred : Vous êtes attendus, j'ai des potes, des Lord of the Valley notamment, vous avez joué à la Valley au Hellfest, des potes à moi que tu as dû croiser au Ferrailleur forcément, qui attendent, c'est un clin d'œil, que je fasse le passage quoi !

Mais du coup qui vous attendent en retour.

Victor : Bah c'est cool on repasse dans la région on va faire Tours et Rennes il y a un festival qui a l'air très sympa d'ailleurs les Lunatiques on est en Headline donc c'est cool tu vois il y a des beaux groupes dessus donc c'est cool.

Une date à Niort aussi c'est pas mal ça aussi. Je ne connais pas c'est le Camji je connais pas du tout ces scènes donc tu vois je suis assez un peu ignorant sur le circuit de... De tourner en France mais il y a l'air d'avoir des trucs chouettes, c'est un peu des dates des endroits, des lieux un peu différents, on fait un petit peu un circuit alternatif.

Fred : Ok, ça c'est bien ça aussi effectivement.

Victor : Carrément c'est cool, ça change. Et puis je te dis avant ça on fait Manchester en descendant de l'Écosse et après ça on fait un festival de fous qui s'appelle Soulcrusher en Hollande, Niermegen.

Et c'est que des groupes de fous donc il y a Ulcerate, des trucs comme ça, des trucs un peu... C'est un peu plus dur comme festival mais j'aime bien justement quand on arrive...

Bah, on n'a pas parlé de Vodkine mais du coup ça vaut le coup d'en parler. C'est un peu la deuxième partie de cette tournée, ce qu'on a sorti cet album cette année. Justement on voulait... Je disais au début de l'interview que tu vois, on a un côté...

Ce qu'on aime avec DVNE et ce qu'on a voulu toujours faire avec DVNE, c'est de ne pas se limiter sur ce qu'on peut faire musicalement et d'aller prendre des trucs qui nous intéressent dans du Stoner, dans du Doom, dans du Post Metal, dans du Black Metal, dans du Thrash, enfin dans tout quoi, dans du Crust et tout.

Et dans l'Electro, musique Folk. Et du coup sur cet album on voulait justement proposer un truc assez différent.

Je trouve que Ethemen et Asheran ils ont des sons qui sont quand même un peu plus chaleureux et on voulait un album qui soit un peu plus dur, un peu plus métallique je dirais et aussi un peu plus live. Et du coup je trouve qu'on a bien géré ça sur la production sur Voidkind et même la pochette du coup est beaucoup plus sombre.

Fred : Et cette pochette-là on est sur l'album de Asheran.

C'est Dune en fait ?

C'est le mec de Dune qui cherche un petit peu ou ça n'a rien à voir ?

Victor : Rien à voir. Non, non, on a créé une planète en fait. Là, on se rapproche plus de l'univers de Miyazaki.

Fred : Ok, je vois le principe.

Victor : C'était plutôt dans un délire de Princesse Mononoke et Nausicaä Valley of the Wind que j'invite. Les gens doivent connaître s'ils sont dans le métal.

Et donc voilà, sur Voidkind, on a pris un artiste qui est vraiment top, Superstar Fighter.

Je suis très fan de la pochette du dernier album. Je crois que ce n’est pas ma préférée,

J'aime bien aussi.

Si, c'est un peu ma préférée. Tu peux le dire, pas de soucis. Je la trouve vraiment chouette et je la trouve unique.

Je la trouve encore plus unique parce que personne n'a bossé avec cet artiste encore.

Le rendu est vraiment chouette et je trouve que ça stand out.

Tu vois, je regarde à chaque fois qu'il y a la pochette qui sort sur d'autres trucs, j'ai l'impression qu'il n'y a pas d'autres pochettes comme celle-là et ça me plaît vachement ça.

Fred : Eh bien, on est bon.

Merci Victor. Cool, merci beaucoup.

Victor : À bientôt.

À bientôt, à la prochaine. Sur Radio G et dans Ça Dégouline dans le Cornet.