Interview de ZÉGUT au Offange Rock Festival

Rencontre avec Francis Zégut animée par Philippe.

Bonsoir Francis, nous sommes ravis de te voir ici au Offange Rock Festival à Rochefort-sur-Loire !

Vous faites des glaces vous ? J'adore la glace moi.

Eh bien non, Ça dégouline dans le cornet est une émission de radio sur Radio G, une radio associative. Je suppose que tu es passé par une radio associative ?

Non, j'ai commencé par le standard de Max Meynier, aux routiers sont sympas, dans les entrepôts Calberson en 1976.

En 1976 c'était ta première expérience au micro ?

Non, c'est venu plus tard, j'ai fait deux ans de standard, un an d'assistanat, et puis il y a eu la création de WRTL en 79 et j'ai fait mon premier essai au micro en 80.

On dit de toi que tu as été le pionnier au niveau de la découverte de la musique rock, metal, hard rock notamment. Est-ce que c'est une vérité pour toi ou est-ce que tu peux démentir ou dire que tu n'étais pas tout seul à le faire ?

Elle existait bien avant moi quand même, pour être clair. Moi je suis arrivé en 80, il y avait eu Led Zeppelin, il y avait eu Uriah Heep, il y avait eu Black Sabbath, tellement de choses avant qui étaient du hard rock. Et les Beatles avec Helter Skelter aussi sur le double blanc. Donc moi j'ai été une sorte de courroie de transmission, un peu hurlante, mais bon.

À tes débuts à RTL, tu faisais des émissions régulières toutes les semaines et voire même tous les jours à un moment donné. Tu en es où maintenant ?

Je fais RTL2 Pop Rock Station By Zégut, tous les dimanche soir de 22h à minuit, avec le même esprit que ce que j'ai toujours fait, c'est-à-dire que je fais la prog à 100%, on ne vient pas me dire tiens, ça serait bien si tu passais machin, etc. Non, c'était la condition sine qua non pour que je passe de RTL à RTL2. Et puis il y a le même état d'esprit, c'est-à-dire que je base beaucoup les petites séquences que je fais sur des ambiances. Il peut y avoir 20 minutes de blues, 20 minutes de californien, 20 minutes de métal, 20 minutes de romantique. Voilà, ça se passe comme ça. Et je travaille beaucoup les enchaînements, le son sur les enchaînements. Essayer de rassurer et de surprendre en même temps.

Le travail n'est pas le même, le direct et l'enregistrement. Forcément, il y avait des petits quacks, des petits pains techniques. C'est ce qu'il y avait de plus vivant ou est-ce que le fait de travailler comme ça chez toi, dans un studio, c'est plus à même d' être écoutable ?

Je ne sais pas. Oui, c'était rigolo de faire du direct parce que tu étais à la merci de n'importe quoi. Et en fait, tu apprenais ton métier, c'est-à-dire que si le disque s’arrêtait ou partait en vrille quand il y avait du vinyle, tu apprenais à combler, à trouver des pirouettes pour que le techos de l'autre côté réagisse et fasse que ça reparte du bon côté et dans le bon sens. J'habite au bord d'un champ à La Rochelle et je t'avoue que regarder mon champ à travers la fenêtre en faisant la programmation et en enregistrant une émission que j'ai écrite, c'est pas mal non plus.

J'ai vu sur le stand ,que tu as ici, que désormais il y a une BD qui t'est consacrée. Tu peux en parler ?

Alors les BD sont des recueils de textes que j'ai écrits. Un jour, Jean-Marc Borot qui est le boss d'une petite asso de Clermont-Ferrand m'a appelé, en me disant « Depuis le temps, tu vas avoir des trucs à raconter. Fais-nous une playlist et nous, on illustrera ces propos avec des caricatures concernant les anecdotes que tu racontes sur les artistes. » J'ai fait le premier volume il y a 3 ans.

Qu'est-ce qu'on y trouve comme anecdotes ?

Par exemple, dans le 1, j'ai passé une nuit à déconner avec Lemmy de Motörhead entre deux boîtes de nuit, une sous l'Olympia où il trouvait la musique catastrophique et on était 5, on avait une 104 ZS Coupé Gold, on l'a emmené là-dedans, le grand gabarit, on est monté, on est allé au Bus Palladium et on a fini la nuit à jouer à Space Invaders sur les consoles et à boire des coups. J'ai fait un bout de la route 66 avec Hallyday en 1990, j'ai présenté le concert de Michael Jackson au Parc des Princes en 88, c'est ça tout le long. Et il y a un deuxième volume qui est sorti il y a quelques mois et ce ne sont pas les mêmes anecdotes.

Y a-t-il un artiste que tu aurais rêvé d'interviewer et que tu regrettes de ne jamais avoir eu au micro ?

Les Beatles, ça a été mon premier 45 tours acheté, j'avais 9 ans, c'était Love Me Do en 1962 et puis voilà, j'aurais aimé les interviewer. J'ai fait Led Zeppelin, j'ai fait Deep Purple, j'ai fait AC-DC, j'en ai fait 2-3 qui me tenaient à cœur. Bon les Beatles, c'est un regret, ça ne s'est pas fait mais ça ne m'a pas fait pousser la barbe encore plus, donc c'est bon.

On parle de l'ancien temps mais dans le rock actuel quel est le groupe qui te surprend le plus ? Le coup de cœur ?

Celui qui viendra demain et que je vais découvrir. Il y a tellement de choses, c'est foisonnant et si tu es curieux en te servant des outils numériques, que ce soit Internet ou l'intelligence artificielle, tu trouves des trucs complètement dingues, des morceaux hyper rares et tu découvres avec les algorithmes des choses que tu ne connaissais pas et que tu découvres parce que tu as écouté un morceau et que Spotify ou Deezer, à un moment, va te proposer une playlist avec d'autres choses. C'est sans fin et c'est formidable.

Ça fait combien d'années que tu fais de la radio maintenant ? Qu'est-ce qui va rester encore comme stratégie radio pour toi à l'avenir ?

Je ne sais pas, continuer avec ce rythme-là, c'est bien. Je suis hyper présent sur les réseaux sociaux.

Tu es tout seul à t'occuper des réseaux sociaux ?

Oui. Je réponds et fais les posts tout seul. Caro s'occupe un peu du merchandising, des choses à côté.

D'accord...Ça s'apprend quand même.

Oui, mais j'ai toujours été dedans. Autodidacte. J'ai fait une émission sur Internet à la fin des années 90 sur RTL qui s'appelait Zikweb. C'était les débuts d'Internet, il n'y avait pas de business. Et je me souviens bien du premier site que j'ai fait où j'appelais les mecs pour leur dire pourquoi tu es sur Internet et qu'est-ce que tu as fait, etc. C'était une triplette de frères québécois qui élevaient des oies et ils avaient fait une page Facebook avec leurs oies. Donc, on a discuté de ça à l'antenne et j'ai trouvé ça formidable d'avoir un mec au Québec qui m'expliquait qu'il était sur Internet grâce à ses oies. Et ça n'a pas arrêté. Depuis ce temps-là, j'y suis.

Je te remercie de nous avoir prêté un petit moment au micro et puis longue vie à RTL2 et à ton émission.

Voilà. Tant qu'il y a de la lumière, c'est bien. Profitons-en tous et puis restez curieux. Soyez curieux, toujours, toujours, toujours. Posez les questions, écoutez, lisez, mangez, allez au Cinoche, apprenez la mécanique ou l'ébénisterie, soyez passionné par quelque chose. Et franchement, quand vous attrapez une passion comme ça môme, ça vous guide longtemps.